88 947 points
17 membres
71 463 points
12 membres
133 771 points♛
19 membres
23 783 points
9 membres



 
MAJ DE NOVEMBRE TERMINÉE ! TU VEUX EN SAVOIR PLUS P'TIT CANCRELAT ? BAM C'EST ICI QUE ÇA S'PASSE !

Page 1 sur 1


NEUGDAE • Play it like us
PLUS D'INFORMATIONS
Voir le profil de l'utilisateur http://www.shaketheworld.net/


your mistakes do not define you (+) SO RA ☆  Ven 2 Déc - 1:55

Tu aurais préféré qu'elle détourne le regard et qu'elle ne voit en toi qu'un visage parmi tant d'autres. Ce fut peut-être le cas au début, jusqu'à cette implosion, jusqu'à cette mésentente, jusqu'à ce cocktail né de vos deux personnalités opposées. En cette seconde, tu n'es plus capable d'ignorer. La tension, tu désires la couper au couteau. Tu ne tiens pas forcément à la guerre, seulement à ta tranquillité. L'auras- tu seulement ? Et la désireras tu de nouveau ?
 


Je quittai les ombres d'une nuit froide, depuis longtemps tombée, pour pénétrer en silence celles qui baignaient une maison plongée dans le sommeil. Seul un timide rayon de lune, taillée à la serpe, diffusait une grise et pâle lumière dans le salon. Un léger sourire fit tressaillir la commissure de mes lèvres alors que je caressais d'un œil artistique une scène néanmoins trop sombre pour être photographiée. Je secouais la tête et, d'un pas leste, rejoignis ma chambre, dont j'ouvris la porte avec précaution. Soucieux de ne réveiller personne, je déposai doucement mon blouson sur une chaise, ainsi que mes affaires superflues, pour ne sortir de la pièce qu'armé des photos que j'avais développé le soir même. J'avais besoin de les voir, de les étudier, ne serait-ce que d'une heure avant d'aller me coucher. Photographier était une passion qui m'apaisait, au même titre que les clichés qui semblaient refléter mes émotions prises sur le vif. Motivé par cette idée, je gagnais la cuisine, bercée par les sons des nombreux appareils électroniques qui y sommeillaient, et y allumai la lumière. Le changement, brusque, me fit plisser mes yeux en amande. Mais la brûlure fut aussi soudaine qu'éphémère et je m'habituais progressivement à l'éclairage vif, qui tranchait avec la pénombre dans laquelle j'avais évolué pendant une dizaine de minutes. Je m'avançai, posai mon dossier sur le large plan de travail et sortis une tasse pour y couler du thé vert. Mes gestes étaient mécaniques. L'eau chauffa, le thé infusa, mais aucune de mes pensées n'étaient dédiées à ce que je faisais. Au contraire, elles se dispersaient en projetant des dizaines d'images dans mon esprit. La plupart étaient des scènes que j'avais photographié, d'autres étaient des inquiétudes, voir même des angoisses que je refoulais. Je soupirai faiblement, m'installai sur un tabouret et ouvris le dossier cartonné pour me plonger dans l'étude figé de ma journée. Il y avait de tout. Des paysages, des jeux de lumières au crépuscule, des gens aux émotions capturées. Et dans chaque cliché, je retrouvais un peu de moi même. De l'homme naïf que j'avais été à celui plus dur que j'étais devenu. Un frisson me parcourut brusquement l'échine lorsqu'un bruit étouffé retentit et je relevai la tête pour fixer une embrasure vide. Mon sourcil s'arqua en douceur, mais je replongeai aussitôt dans ces clichés au papier glacé qui maculaient le pan de bois. Mais mon instinct me souffla aussitôt que je n'étais pas seul. Je relevai de nouveau la tête, mais ce ne fut pas le vide que rencontra mon regard, mais le sien. Deux amandes, dont la douleur presque dorée rappelait celle de sa chevelure pâle. Je me raidis instinctivement. Depuis mon accident, j'étais rarement à l'aise avec la gente féminine. Je ne parvenais pas à empêcher ces questions, douloureuses et dures, de m'envahir chaque fois que je croisais le regard d'une femme, tout simplement parce que je ne faisais plus confiance à mon propre jugement. Je m'étais totalement laissé aveugler par Eun Sung, et ce au point d'être réduit en miette. Mon cœur ne s'en remettait pas plus que mon orgueil. J'avais perdu confiance en moi, confiance aux autres … aussi préférais-je la solitude à de nouvelles et cruelles désillusions. Un choix de vie qui me convenait. La plupart du temps, j'étais indifférent à celles qui m'entouraient. Mais So Ra était l'une des rares, pour ne pas dire la seule, à savoir me pousser aussi bien dans mes retranchements. Je contractais la mâchoire, malgré moi sur mes gardes. Notre dernière confrontation n'avait été agréable ni pour elle, ni pour moi. Si jusqu'ici, notre relation était restée plus ou moins cordiale malgré les incompréhensions et mon comportement sauvage et lunatique, la veille avait achevé de faire voler en éclat cet équilibre précaire. Le déroulement de la soirée me revint en mémoire. Je n'avais pas bien compris comment je m'étais retrouvé là. Mais je devais bien avouer, à moi même tout du moins, que j'avais été happé par le spectacle, en particulier par la prestation de So Ra. Ne m'étant jamais intéressé à elle, si ce n'est pour la fuir ou l'éviter, je ne m'étais pas attendu à la voir sur scène. D'une grâce presque animale, animée d'une énergie aussi féroce que sexy, elle avait déambulée sur l'estrade, portée par un art autant physique que vocal. Le corps moulé dans une combinaison de cuir qui mettait ses courbes en valeur, je l'avais admiré l'espace de quelques minutes. Quelques minutes assassinées par une danseuse entreprenante, dont j'avais salué le courage du premier pas par une remarque acerbe. Sa beauté, son sourire, son corps habilement dénudé n'avait provoqué chez moi qu'un rejet pur et dur, que j'avais trahit par une langue trop franche voir trop dure. So Ra avait débarqué comme un tourbillon et la chaleur de la passion s'était effacée au profit de la colère sur ses traits d'albâtres. Une fureur qui s'était répercuté dans mon être. Après tout de quoi se mêlait-elle ? Une pensée que je ne lui avais pas caché, et qui nous avait entraîné dans un véritable combat de catch oral. Je ne lui avais pas reparlé depuis. En vérité, je ne me souvenais pas l'avoir même croisé. Je revins à la réalité, immergé dans l'or fondu coulé dans ses iris. Je me redressai sur mon tabouret, et coulai un regard impulsif vers l'horloge murale. La nuit était avancée et il était, une heure à laquelle je n'espérais croiser personne et encore moins cette femme qui savait si bien me rendre dingue. Mes muscles se tendirent sous mon pull fin tandis que je replongeai dans les clichés, sans intention de revenir vers elle. Mais je sentais sa présence avec acuité, de même que la tension qui régnait entre nous. Je finis par relever la tête, incapable de me concentrer. Impulsif comme je l'étais, il m'était difficile de tenir une ligne de conduite précise, et ce même quand je savais qu'elle était nécessaire. « Je n'ai pas l'intention de m'excuser pour hier soir. » J'avais conscience de m'enfoncer, mais pour une raison inexplicable, je n'avais pas envie de reculer devant elle. « Si tu avais besoin à ce point de te montrer en spectacle, tu aurais pu tout aussi bien le faire sur scène que de te servir de moi. Tu y étais bien meilleure. »


     
Le passé est un fantôme qui hante l'obscurité de ton regard, une blessure mal refermée que trahit ta dureté, une ombre qui danse dans tes pupilles lorsque tu baisses la gardes et que les souvenirs t'égarent.

Revenir en haut Aller en bas

NEUGDAE • Play it like us
PLUS D'INFORMATIONS
Voir le profil de l'utilisateur http://www.shaketheworld.net/t4615-kang-so-ra-not-bad-meaning-bad-but-bad-meaning-good-u-know http://www.shaketheworld.net/t4586-kang-sora-show-me-your-burles http://www.shaketheworld.net/t4732-kang-sora-s-life


Re: your mistakes do not define you (+) SO RA ☆  Dim 4 Déc - 18:12



Your mistakes don't define you
Je Ha & Sora





La lampe était comme un phare au-dessus de ma tête, me scandant des "Avoue tes crimes !", telle une célèbre scène d'une série policière populaire. La grande pièce était plongée dans une obscurité intentionnelle, mettant sous la lumière mon bureau soigneusement rangé, toutes choses avaient sa place, et semblaient ne vouloir en dépasser le moindre centimètre, de peur d'être réprimandées. Mon ombre s'agitait autour de la silhouette, jouant discrètement avec les contrastes de la pièce, la détaillant d'un regard expert, mes iris sombres glissant sur le tissus majestueusement brillant. Il en fallait plus, encore plus. Le travail était loin d'être fini. De longues heures m'attendaient encore, mais j'étais sûre que le résultat serait à ma convenance. Toujours aller au bout de mon idée, n'être jamais insatisfaite, aucun regret, rien de pire que le sentiment de n'avoir pas tout donné. Voilà un élément que je ne pouvais pas me permettre. Un fil qui dépasse. D'un geste rapide, le ciseau épousa ma main, comme si il avait toujours été là, coupant l'élément perturbateur de la scène. C'était mieux. Même ce genre d'oubli pouvait me faire chavirer en deux secondes, chaque projet que nous devions présenter était très important, et je m'assurais toujours d'être dans les meilleures places. Première. Si il ne fallait pas dormir, je le ferais. Tant que je finissais mon travail, que je montrais mes compétences, ma passion, et que tout était récompensé. La reconnaissance, tout le monde était en quête de reconnaissance, et je courrais après, avide de clamer qui j'étais. Je traçais mon chemin, en gardant les pieds sur terre, l'arrogance ne servait à rien, si vous n'avez pas ce qu'il faut pour l'assumer. Arrogante, et froide. Un peu, si avoir confiance en soi était de l'arrogance, alors je me déclarais coupable de mes crimes. Je n'ouvrais pas ma bouche pour rien, contrairement à d'autres. Mais froide ? Loin de là, l'image.. Toujours l'image. Je caressais du bout des doigts le bustier dentelé, mon regard fixé sur les petites perles dorées, les alignant avec une précision presque millimétrée, art de patience, art du détail. Mes sourcils s'étaient froncés en un instant. Tremblements, flou. Allez.. encore un peu... Je me penchais un peu plus sur la bordure du décolleté échancré, insistante, un soupir m'échappant, mais mon corps s'exprimait et me disait stop. Je pliais mes mains, mes phalanges se craquelant les unes après les autres. Depuis combien d'heures étais-je ici ? Allez ! La fine aiguille chancelante, le fil foncé accrochant soigneusement la petite perle au reste du groupe. Devrais-je mettre quelque chose de différent au centre ? Un lacet peut-être, une touche moulin rouge ? Mes pensées ne semblaient vouloir se tarir, mon cerveau se concentrait sur elles, fatigué, il en oubliait mes mains, la fine lame se plantant dans mon doigt. Je me mordillais la lèvre inférieure, lâchant un nouveau soupir, alors qu'une voix avait soudainement retenti dans la pièce. « Mlle Kang. Allez reposer vos yeux, c'est un ordre, et un conseil de votre professeur. » No Cami, meilleure professeur en stylisme à Yonsei. Aussi bien admirée, que crainte dans sa sévérité. Mais ses paroles étaient toujours à suivre. Elle s'avançait vers ma table de travail à pas de chat, un vrai chat noir. « Vous n'arriverez à rien en étant pas au meilleur de forme. N'oubliez pas que c'est dans ces moments-là que les erreurs arrivent. Vous ne voudriez pas gâcher vos efforts n'est-ce pas ? Sortez. On se verra jeudi. » ponctua t-elle d'un ton ferme et doux à la fois, me fixant avec insistance pour que j'obéisse. Elle avait raison, je continuerais demain après une bonne nuit de sommeil. Je crevais d'envie de me défouler, la boxe me tentait, mais mon corps ne semblait vouloir qu'un peu de calme, loin d'approuver mon soudain désir de frapper avec hargne contre un sac d'entraînement. J'opinais silencieusement du regard, m'inclinant devant elle, avant de venir couvrir la silhouette d'un large drap et de récupérer mes affaires, éteignant la lampe, plongeant les lieux dans un sommeil profond.

La fraternité semblait bien calme ce soir. Je n'avais pas vu qu'il était si tard, la lumière de la lune éclairant les aiguilles de mon cadran. Mes talons hauts claquaient sur le plancher de l'entrée, discrétion d'une démarche de femme. Oui, Sora était bien rentrée, devaient penser certains. Je m'abaissais pour ôter les fins escarpins argentés, mon sourire caché dans l'ombre, appréciant le toucher du bois, et la fraîcheur du sol. J'avais faim, je n'avais rien mangé depuis.. un moment. Mes pas m'avaient mené vers le salon, remarquant aussitôt la lumière se dégageant de la cuisine ouverte. Je penchais ma tête, observant un instant la personne qui était attablée. Je m'arrêtais net, un bref instant, mes yeux s'habituant à la lueur du plafonnier, silencieusement, la louve aux aguets. Comme si j'allais faire demi-tour pour si peu. Je déambulais vers le canapé, y déposant mes affaires, ôtant mon large manteau, faisant exprès de faire claquer mes talons en les déposant sur le sol pour attirer son attention. Je suis là, mon cher, sache-le. Bien entendu, cela ne lui avait pas échappé, sa tête se relevant instantanément, comme une proie en alerte. N'aie pas peur d'être mangé. Un sourire taquin  se dessina sur mes lèvres pulpeuses alors que nos regards s'étaient rencontrés. J'étais à quelques mètres de lui, et pourtant, je pouvais sentir cette froideur se dégager de lui. Moi, reculer ? Mais biensûr. Peu intimidée, j'avançais sans gêne pieds nus vers la cuisine où le neugdae était installé, passant derrière lui sans un mot, mon regard creusant son dos arrondi, crispé. Je me dirigeais vers le frigo, m'arrêtant sur un petit mot posé sur une boîte. "Régale-toi, Unnie. Dambi." Sourire chaleureux, alors que j'entrouvrais le tupperware, plongeant mon doigt dans la sauce tomate, que je portais rapidement à ma bouche. Je lâchais une légère exclamation, « Mmmmm... », murmure faisant saliver mes papilles. J’enfournais le tout, sur la pointe des pieds, dans le micro-onde, avant que la voix de l'homme derrière moi ne retentisse, rafraîchissant à nouveau la tension du silence qui nous dominait. Ma mâchoire se crispa aussitôt. Ne pouvait-il pas se taire, au lieu de ranimer la flamme ? Les hommes et leur tact. Mon visage se tournait vers lui, dans un mouvement lent, démontrant mon agacement de repartir là-dessus, m'accrochant à son regard sombre, aiguisé. « Tu n'es pas très doué en relation sociale toi, je me trompe ? Weird guy. » lâchais-je, en haussant les sourcils. « Est-ce que je t'ai demandé de t'excuser ? Non, alors garde tes paroles pour toi. » continuais-je d'un ton presque sec, mouvements calmes, langue tranchante. Moi, me montrer en spectacle ? Oh pitié, réplique si simple, enfantine. Sourire en coin. Je m'avançais d'un pas félin, menton relevé, rire voulant entrouvrir ma bouche rougie. J'appuyais mes coudes contre le plan de travail où il était installé, lui faisant face de l'autre côté de la table. « Serais-ce un compliment détourné.. ? Tu t'améliores. Continue sur cette voie-là. » lui assurais-je, un brin moqueuse à sa remarque. J'étais meilleure sur scène. « Tu sais ce que c'est le fait de défendre quelqu'un hm ? C'était ma hoobae. L'humeur facile avec les hommes, le coeur simple, le corps volage. Elle s'est déjà fait embarquée par n'importe qui, j'en ai déjà remis un à sa place, joli cri aiguë quand mon genou a salué son entrejambe.. » murmurais-je, mon regard ambré, sauvage, plongé dans le sien, presque menaçant, les blondeurs encadrant mon visage légèrement marqué par la fatigue, mais ne perdant en aucun cas son caractère et sa force. « Personne ne touche à mes filles. Ne connais-tu pas le tact, au lieu de montrer en une seconde les crocs ? » lui lançais-je, laissant un silence, avant que la sonnerie du micro-onde ne retentisse. « Tsss.. » Loup solitaire. Je levais les yeux au ciel, avant d'aller récupérer mon repas, venant sans vergogne m'installer en face de lui, une certaine provocation de ma part, croisant mes jambes sur le haut tabouret, sans faire attention au corps raidi du brun penché au-dessus de ses clichés...
    
 

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.



Charisma, Elegance & Provocation.
• I want to live without regrets •



Revenir en haut Aller en bas

NEUGDAE • Play it like us
PLUS D'INFORMATIONS
Voir le profil de l'utilisateur http://www.shaketheworld.net/


Re: your mistakes do not define you (+) SO RA ☆  Mer 7 Déc - 23:57

Tu aurais préféré qu'elle détourne le regard et qu'elle ne voit en toi qu'un visage parmi tant d'autres. Ce fut peut-être le cas au début, jusqu'à cette implosion, jusqu'à cette mésentente, jusqu'à ce cocktail né de vos deux personnalités opposées. En cette seconde, tu n'es plus capable d'ignorer. La tension, tu désires la couper au couteau. Tu ne tiens pas forcément à la guerre, seulement à ta tranquillité. L'auras- tu seulement ? Et la désireras tu de nouveau ?
 


Une flamme lécha ses pupilles et je sus d'instinct que la scène allait se répéter, telle une mauvaise rediffusion de ce qui s'était déroulé la veille. Je contractai la mâchoire, comme pour me préparer moi même à recevoir les mots qu'elle jeta avec précision. Sociable … J'eus un rictus, une ébauche de sourire dont l'obscurité s'accorda avec celle de mon regard. Un dessin qui s'évanouit dès la première syllabe prononcée. «Non. Je ne suis pas sociable. Merci pour cette conclusion qui m'avait échappé jusqu'ici. » ironisai-je sans chercher à masquer l'irritation qui se peignait sur mes traits. Une émotion qui s'intensifia, se muant dangereusement en quelque chose de plus fort. « Wooow. » soufflai-je avec une pointe de moquerie, qui tranchait avec la froideur dont j'avais usé jusqu'ici. « Tu sais ... » repris-je durement, « c'est exactement ce que je pensais hier soir quand tu es venue t'imposer dans notre conversation. C'est plutôt osé de ta part de donner des conseils que tu n'es pas à même de suivre n'est-ce pas ? » Qu'elle soit une femme ne suffisait pas à retenir le fauve qu'elle éveillait doucement dans mon être. Son culot m'insupportait, de même que son sourire, ou encore cette manière bien à elle de relever le menton, comme pour dominer une situation dans laquelle, au contraire, elle s'enfonçait. J'expirai lentement, imperceptiblement, comme pour maintenir les chaînes qui survivaient encore. Mais un rire, encore silencieux, vint illuminer ses prunelles. Dangereusement au bord du gouffre, je la suivis des yeux alors qu'elle venait s'adosser au îlot pour me faire face. Si j'avais cru avoir digéré notre confrontation, je compris finalement qu'il n'en était rien. Je réagissais trop violemment. « C'était un fait. » répliquai-je acide. « Encore faudrait-il que j'ai envie de te flatter pour te faire un compliment. Autant te dire que ce n'est absolument pas l'envie qui prédomine chez moi pour le moment. » Un commentaire de mauvaise foi. Mais l'admiration que j'avais ressentit lorsqu'elle était sur scène n'était plus qu'un souvenir lointain pour le moment. Mes lèvres se rejoignirent, s'embrassèrent avec une violence qui les blanchirent. Je trahissais la colère. Je trahissais l'animal qui sommeillait en moi depuis toujours, révélé lors d'un accident qui hantait mes pas et ma personnalité. Je la laissai parler. Je la laissai justifier ce qui ne l'était pas à mes yeux. Je la laissai glorifier son geste, sans chercher à interrompre une argumentation qui ne suffisait pas à calmer mes nerfs. « Défendre ... » finis-je par siffler entre mes dents. « Si j'avais été son ex, si je sortais avec elle depuis deux ans, si j'avais volé son sac, si je l'avais frappé dans un excès de colère ... » énumérai-je avec lenteur, « j'aurais applaudit ton geste. Sincèrement. J'aurais été le premier à féliciter ta hargne, le premier même à te pousser à frapper et à venger l'honneur de cette femme ! » Elle n'avait représenté que quelques minutes dans mon existence. En général, j'évitais ce genre d'endroits. J'évitais les lieux de rencontre qui, en plus de ne pas me correspondre, donnait une fausse image. Je n'avais aucune envie de donner l'illusion d'être prêt à rencontrer quelqu'un, que ce soit pour une nuit ou pour une relation sérieuse. De fait, je me retrouvais rarement dans ce genre de situation. Mon expression, ma manière d'être suffisait à décourager. Mais il faisait sombre dans ce club. Et ma réaction l'avait été au même titre. Peut-être avait-elle été disproportionnée. Mais je ne faisais plus confiance au simple non et si elle avait insisté … j'aurais été capable d'être mauvais. A l'image d'un animal traqué, je ne souffrais plus qu'on m'approche. Un simple mouvement me paraissait hypocrite. Un regard, un sourire. Ces mimiques ne voulaient plus rien dire. Combien m'en avait-elle elle même servit ? Combien de mots insipides et faux m'avait-elle lancés ? Je ne croyais plus en rien. Et si j'apprenais à observer, mon passé me rendait subjectif. Je ne parvenais à voir que le pire chez celles qui m'approchaient, ne serait-ce qu'un peu. La dureté ? Elle me permettait d'en finir rapidement. Tel le tranchant d'une lame, je coupais, fracassais et terminai les choses sans laisser derrière moi le moindre doute possible. Et je n'avais aucune leçon, aucune morale à recevoir d'un bout de femme qui se croyait tout permit. « Mais je lui ai opposé un simple refus. Je n'étais qu'un étranger pour elle, ce n'était donc même pas un événement digne d'être relevé. » En vérité, j'avais surtout fait en sorte de ne lui laisser aucun espoir possible. J'avais voulu éteindre en elle toute envie de même m'adresser la parole de nouveau. Je ne m'étais montré ni courtois, ni même flatté. J'avais traité le problème comme il était, à savoir un événement particulièrement désagréable. Mais je n'étais tombé ni dans l'insulte, ni dans la méchanceté gratuite. Il n'y avait donc rien qui expliquait le comportement de So Ra à mes yeux. « Bien … en plus, tu m'expliques que je ne suis qu'un numéro parmi tant d'autres ? Dans ce cas, où est le problème ? Qu'elle n'ait pas eu son quota de sexe par ma faute ? Que j'ai entaché son estime d'elle même, que je lui ai opposé le premier refus de sa carrière ? Qu'est-ce que tu défends au juste ? Certainement pas son honneur en tout cas. » lâchai-je avec une virulence muant mes mots en couteau. « Et elle t'a remercié pour ton geste ? Elle t'a remercié d'avoir affiché le fait qu'elle venait d'essuyer un non ? » La question n'appelait aucune réponse. Je me moquais comme d'une guigne des émotions de cette femme, d'autant plus qu'elle m'avouait son côté volage. Cette situation m'apparaissait encore plus folle qu'il y a dix minutes. Elle se moquait de moi. Je basculai la tête en arrière, et passai mes doigts sur mon front lisse. Mes mèches sombres effleurèrent ma peau alors que je la rabaissai pour lui faire face. « Cette histoire est ridicule. » sifflai-je en plantant mes yeux dans les siens. « D'autant plus ridicule que plus je t'écoute, moins je te comprends. » Je poussai les photos dans le dossier. Je n'avais aucune envie d'exposer une partie de moi même qui n'avait pas sa place dans une discussion aussi houleuse. « Et oui, j'imagine aisément que tu puisses te foutre du fait que je puisse te comprendre. »


     
Le passé est un fantôme qui hante l'obscurité de ton regard, une blessure mal refermée que trahit ta dureté, une ombre qui danse dans tes pupilles lorsque tu baisses la gardes et que les souvenirs t'égarent.

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé ❞

PLUS D'INFORMATIONS


Re: your mistakes do not define you (+) SO RA ☆  Aujourd'hui à 9:01


Revenir en haut Aller en bas

your mistakes do not define you (+) SO RA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» can you whisper as it crumbles and breaks, as you shiver, count up all your mistakes (10/04, 9h21)
» My mistakes were made for you. (Grace & Nevil)
» Couragism?
» Haïti 2007 : la quadrature du cercle ?
» Fiche Technique de Shiro Kaizoku

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
#SHAKE THE WORLD  :: Digital City :: Zone Est :: Dortoirs Neugdae :: Salle Commune-