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 :: Digital City :: Quartier Est

Sentence + Fan Xiao Wei

Xuan Jia Ming
Xuan Jia Ming
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Mes petits secrets

Sentence + Fan Xiao Wei Sentence + Fan Xiao Wei Empty Mar 5 Nov - 1:29
Jia Ming croyait être un homme plutôt sensé. Il avait les pieds sur terre et on ne le prenait jamais à rêvasser. Pourtant, quelque chose l’avait forcé à se mentir, ces derniers jours. Ce quelque chose, c’était la peur. Même lui, qui avait la peau épaisse, pouvait avoir peur. Ça avait été le cas de façon diffuse toute la semaine. En se convainquant qu’il était la victime de quelques hallucinations, c’était plus facile de la chasser. Mais maintenant, impossible de continuer ainsi. Alors qu’il frappait avec acharnement sur un sac de sable, dans ce vieux club de boxe miteux qui restait ouvert Dieu seul sait comment, son regard avait été attiré vers la grande baie vitrée un peu sale qui donnait sur la rue achalandée. Un jeune homme se tenait là, son regard longuement étiré sur les tempes bien ancré au siens. Aucun doute possible : il le regardait. Jia Ming reconnaissait là la silhouette qu’il avait vu du coin de l’œil plusieurs fois depuis un peu moins d’une semaine, comme s’il avait troqué son ombre pour cette silhouette-là. L’ombre s’était éclipsée à chaque fois sans qu’il ne puisse la voir clairement. C’était volontaire, il le savait maintenant. Parce que l’ombre s’était transformée en vieux démon du passé. Du genre que Jia Ming aurait aimé ne jamais revoir…

L’autre s’était éclipsé, mais cette fois pas sans s’assurer avoir été bien vu. Jia Ming s’était retenu au sac de sable, laissant tomber ses gants de boxe au sol au passage. Il terminait son entraînement en traînant un peu, repoussant ses limites. L’envie venait de lui passer. Il aurait probablement pu se faire mille scénarios entre le moment où il quitte le ring et celui où il se sèche de la douche qu’il prend autant pour se laver que pour se calmer. Mais si ce type-là avait fait un extra pour qu’il le voit, la rencontre face-à-face aurait lieu ce soir, probablement même en sortant du club de boxe. Le fuir était inutile : il avait changé de pays incognito. De nom. Et pourtant, il l’avait retrouvé… Alors Jia Ming, toujours aussi terre-à-terre, n’avait pas perdu d’énergie en confectionnant des plans qui n’aboutiraient jamais. Il s’était lavé, s’était habillé, calme comme toujours… Sac de sport hissé sur l’épaule, il pousse la porte. Mais pas celle de l’entrée. Il passe par la ruelle. Pas pour semer l’autre. Plutôt parce qu’il sait qu’il l’attend là. Ils se connaissaient un peu trop bien pour espérer pouvoir jouer à la cachette…

Jia Ming glisse une main dans la poche de son jeans, caressant du bout des doigts le métal froid du poing américain qu’il avait glissé de son sac à cette poche, par précautions. Il ne gagnerait pas un combat simple contre cet homme-là, mais il pouvait espérer s’en tirer honorablement au minimum. Au moins, il mettait toutes les chances de son côté… Et c’est là qu’il le voit. La porte se referme sèchement derrière lui. Ça lui semble être le seul bruit qui rompt la quiétude de la ruelle, laquelle était plongée dans une pénombre qui annonçait un soleil se couchant plus rapidement à ce temps-ci de l’année. Ils s’observent en chiens de faïence un long moment. Jia Ming réalise qu’il retient son souffle. Il prend une petite inspiration avant de suffoquer.

« Xiao Wei. »

C’est simple. C’est bref. Et surtout, ça tombe presque comme une sentence. N’était-ce pas ce que le jeune homme était ? Une sentence ? S’il n’ajoute rien, c’est qu’il n’a rien à dire. Il sait pourquoi Fan Xiao Wei a fait l’effort de se déplacer jusqu’ici après l’avoir cherché. Il avait encore le bon sens ou le respect (peut-être les deux) de le laisser l’expliquer…
Fan Xiao Wei
Fan Xiao Wei
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Re: Sentence + Fan Xiao Wei Sentence + Fan Xiao Wei Empty Mer 6 Nov - 9:40


Xiao Wei n’allait pas mentir : ça n’avait pas été « facile ». En témoignait sûrement le temps que ça lui avait pris pour en arriver là. Feng Yi, ou Jia Ming comme il se faisait appeler, était donc entré en terre Coréenne lorsqu’il avait fuis la Chine. Et s’il l’avait fui, c’est sans aucun doute qu’il connaissait ses torts et le risque des représailles…

Le père de Xiao Wei n’avait pas balayé la triste expérience de sa sœur mais compte tenu du tempérament de cette dernière, il avait préféré éviter de chasser ce qu’il appelait du « petit gibier » et consoler sa fille en lui offrant une jolie voiture, une citadine d’une couleur un peu pétante qui semblait avoir parfaitement réussi à apaiser le courroux de la jeune femme. Mais ça n’avait pas apaisé celui de Xiao Wei, à qui sa sœurette avait raconté, en lui montrant ses bleus et ses griffures, toutes les douleurs infligées par ce type qu’elle avait fréquenté, ce voyou de petite envergure, ce racle-poubelle dont elle s’était amouraché…

Ho il savait ce qui avait pu plaire à sa sœur chez cet homme-là. Il était grand, longiligne, masculin à souhait dans un pays où même les hommes cultivent parfois, sans forcément le faire exprès, des traits plus féminins. Et puis il avait du chien, ce côté un peu sauvage, indomptable… Mais cette virilité allait visiblement de pair avec la brutalité. A le voir ce soir se donner dans un sac de frappe, Xiao Wei n’avait aucun mal à l’imaginer et chaque coup que le jeune homme avait porté avait comme claqué à ses oreilles tandis qu’il imaginait sa pauvre petite sœur à la place du sac.

Durant le courant de la semaine, Xiao Wei avait suivi sa cible sans se faire voir, se laissant deviner tout au plus. Le but était d’installer un climat de stress et lui il semblait y avoir réussi quoi qu’il n’aurait pu le certifier. Feng Yi (soit, disons donc Jia Ming) était ce genre d’homme difficile à sonder. Ils ne s’étaient que très peu croisés avant aujourd’hui, la faute à son propre emploi du temps surtout évidemment… Mais aussi parce que Jia Ming ne fréquentait clairement pas le milieu de sa famille. Sa sœur avait toujours eu un truc avec les animaux sauvages…

Bref. Voilà qu’ils se faisaient face dans une ruelle. Jia Ming était encore humide de la douche qu’il avait pris le temps de prendre et si Xiao Wei, dans la pénombre, ne la voyait pas vraiment, il la devinait aux quelques gouttes qui avaient imbibé le col de son t-shirt. Bien mis de son côté, au chaud dans un manteau trois quart, Xiao Wei gardait une distance respectueuse, rendant sans le savoir –mais s’en doutant !- sa méfiance à Jia Ming.

« Jia Ming. »

Il avait appuyé de manière ironique sur ce prénom, un petit sourire passant furtivement sur ses lèvres.

« Tu crois que la Corée c’était assez loin ? »

Ils savaient sûrement tous les deux, à ce stade, qu’aucun endroit n’aurait été assez éloigné pour que Xiao Wei se décourage d’aller le chercher. Mais voilà qu’ils se retrouvaient en face à face pour commencer à désamorcer une situation qui avait débuté il y avait un peu plus de deux ans.

« Je suppose que tu n’étais pas prêt à assumer la situation. C’était facile de s’en prendre à une femme fragile mais si quelqu’un s’interposait, un homme, tu ne pouvais pas faire face. »

Xiao Wei n’avait aucun doute sur les compétences de Jia Ming. Peut-être davantage sur son courage compte tenu de la situation, encore qu’il pouvait comprendre que la mafia en soi lui ait semblé être un problème des plus épineux. »

« J’ai réglé le problème pour toi : Je suis ici seul et personne ne sait vraiment quelle est ma motivation première. »

Xiao Wei penche légèrement la tête sur le côté, jaugeant toujours son vis-à-vis qui se tenait droit, potentiellement tendu mais malgré tout déterminé. Pas le genre à fuir si facilement, n’est-ce pas ? Tout était sans doute question de circonstances. Et s’il était bien venu avec Lian, cette dernière ne comptait pas dans une équation pour laquelle « seul » était synonyme de menace, Lian n’en représentant aucune.

« Est-ce que tu l’as seulement jamais aimé ? Ou est-ce que tu n’étais qu’un profiteur que l’argent de ma sœur a convaincu qu’un peu de maltraitance ne « pouvait pas faire de mal » ? »

Entendons-nous : Xiao Wei avait lui-même peu de scrupules, quoi qu’il puisse gifler une femme sans défense mais pas la battre non plus, à moins qu’elle soit coupable d’une faute impardonnable. Mais sa petite sœur ne méritait pas ce qui lui était arrivé.

« On dirait que le moment est venu de régler nos comptes. »





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Sweet dreams are made of this. Who am I to disagree ? I travel the world and the seven seas. Everybody' s looking for something. Some of them want to use you. Some of them want to get used by you. Some of them want to abuse you. Some of them want to be abused.

Xuan Jia Ming
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Re: Sentence + Fan Xiao Wei Sentence + Fan Xiao Wei Empty Mer 6 Nov - 17:58

Jia Ming ne répond pas alors que son nouveau prénom franchit le seuil des lèvres de Xiao Wei. Par contre, il soutient son regard. Laisser croire à la bête qu’on a peur, qu’on cherche la fuite, c’est la meilleure façon de perdre définitivement l’avantage qu’on a. Et puis, Jia Ming ne comptait plus fuir. Il savait qu’il n’avait nulle part où aller et qu’il ne pourrait mener une vie normale tant que cette histoire ne serait pas derrière lui. Ce qui ne voulait pas dire que ça arriverait. Mais il était prêt à accepter les conséquences d’un échec, même si ça lui tordait le ventre. Justement, Fan raille un peu sur son choix particulier de destination. Pas trop loin. Juste pas la Chine.

« Je ne savais pas qu’ils t’enverraient. », fait remarquer Jia Ming de sa profonde voix rauque. « Je suis prêt à parier que ton père croyait que j’étais en quelque part en Amérique du Nord… »

Pas d’imagination. De toute façon, ils devaient tous les deux penser la même chose : aucun endroit n’était assez loin pour échapper au courroux de la Triade. Il se tend à propos de la « femme fragile » dont il est question. C’en était presque ridicule, comment cette petite princesse réussissait à enrouler tous les hommes autour d’elle autour de son doigt. Elle avait du talent. Et lui-même ne pouvait jeter la première pierre à son frère : elle s’était joué de lui comme on joue d’un instrument de musique. Jia Ming était tout aussi coupable que Xiao Wei. Ou peut-être était-il temps de laisser tomber la damnée fierté masculine mal placée et de l’admettre : ils étaient des victimes.

« D’un homme, je n’ai pas peur. », déclare simplement Jia Ming, pas tant pour défendre son orgueil que la vérité. « Mais d’une machine infernale… »

Et il ne diabolisait pas l’homme devant lui, mais bien l’organisation à laquelle il appartenait. Toutes les Triades n’étaient pas comme celle à laquelle Fan appartenait de naissance. Mais celle-là était particulièrement bien huilée. Impossible à arrêter quand elle avançait et donc, par définition, mortelle. Dans sa poche, sa main bouche un peu. Ses doigts glissent dans les trous qui leur étaient réservés, revêtant le poing américain comme on revêtait un complet taillé sur mesure. Par contre, il n’attaque pas. Pas le premier. Pas dans cette situation même si ça aurait pu au moins lui donner l’avantage de la surprise. Mais voilà que l’autre Chinois lui fait froncer les sourcils. Une fraction de seconde pendant laquelle la confusion apparaît sur le visage de Jia Ming.

« Personne ? », demande-t-il, comme s’il avait craint avoir mal entendu. Mais il semblait que c’était bel et bien ce que Xiao Wei avait dit. Personne ne savait qu’il était ici. « C’est une vendetta personnelle que personne ne t’a demandé de régler ? Je peux admirer tes motivations, mais tu ne t’es pas demandé si ton père avait une bonne raison de ne pas me chercher ? »

Comme celle de connaître sa fille mieux que quiconque…? Ce n’était peut-être pas le cas. Elle avait été convaincante cette fois-là. Mais un père ne savait-il pas ces choses-là, au fond… Ou peut-être une mère qui savait parler au père ? Enfin… essayer de psychanalyser cette famille le rendrait fou de toute façon. Il a une petite grimace à propos de l’argent des Fan, néanmoins.

« Pour vous, un rat de la rue ne peut que vouloir devenir riche et s’élever dans la société, hein ? », raille finalement Jia Ming. C’était la façon obtuse dont les riches voyaient la vie, ça… « Je n’ai aucun compte à régler avec toi, Xiao Wei. Si tu veux te le faire croire pour te simplifier la tâche, vas. Mais c’est un mensonge. Vous y êtes sacrément doués, dans la famille… Pourtant, je le savais avant de me rapprocher d’elle. Moi aussi, j’ai été bête. »

Bête à en crever. Littéralement, de toute évidence…



☽☽ I was choking in the crowd / Building my rain up in the cloud / Falling like ashes to the ground / Hoping my feelings, they would drown / But they never did, ever lived, ebbing and flowing / Inhibited, limited / 'Til it broke up and it rained down

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Re: Sentence + Fan Xiao Wei Sentence + Fan Xiao Wei Empty

Tu peux prétendre être assez fort pour l’éviter mais le Crimson saura toujours te trouver.

Evolution de contexte en cours !

Tous aux abris, la Doyenne débarque !
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