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one swim away from a good mood (elias)

Shim Aliyyah
Shim Aliyyah
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Mes petits secrets
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‟ seo elias & shim aliyyah „


Il est temps à nouveau de nous jeter à l'eau —  La journée prend une tournure étonnante. Bien sûr, cette journée a toujours eu quelque chose de spécial, de particulier car il s’agit de ma première mise à l’eau depuis longtemps. Mais voilà qu’elle prend un tout autre sens encore maintenant que je dois partager ce moment avec Elias. Je suis encore sur la réserve quant au fait que cela rassure ou inquiète qu’il soit au complexe aquatique avec moi pour mes premiers pas dans l’eau. L’intimité m’aurait très certainement convenu, pour ne pas avoir à exposer mes craintes et mes réticences. Mes peurs. Les peurs de celle qui se vante souvent d’être la meilleure nageuse du club de natation. La peur de ne plus savoir faire, la peur de se faire mal, la peur de se noyer, la peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de moi, de ce que j’attends de moi-même. Tout cela est risible et pourtant bien réel. Et dieu sait combien, j’aurais préféré ne pas avoir à me ridiculiser devant Eli. Pourtant, je n’ai pas d’autre choix que de lui faire confiance, de compter sur lui pour m’aider car je suis incapable de le faire de moi-même. Alors je le laisse me tirer dans l’eau, laissant ses mains se serrer autour des miennes dans une prise chaleureuse et protectrice qui me rassure. Pourtant, je ne peux m’empêcher de le menacer un peu, toujours méfiante qu’il utilise ce moment de faiblesse contre moi et qu’il profite du moment pour faire une des farces dont il a le secret. Elias ne se laisse pas démonter, au contraire. « Je pense que t’as inversé ange et démon, je crois. » je réponds ne le lâchant pas des yeux, avant de finalement me laisser guider dans l’eau par le jeune homme. Inconsciemment, je me rapproche de lui pour être sûre qu’elle ne m’abandonne pas seule dans cette eau chlorée qui me panique tant. Assez rapidement, je sens mes muscles se détendre et un petit sourire fleurit sur mon visage au constat que j’ai finalement réussi à me glisser dans l’eau. Alors qu’Eli me demande si tout va bien, je ne peux m’empêcher de jouer la femme forte qui n’a besoin de personne, bien que ma voix trahise plus que de raison mon état de panique. Très vite, une nouvelle remarque de l’étudiant parvient à me dérider un peu plus, un petit rire m’échappe même alors que je rentre quelques secondes dans son jeu. Pas de raison que la taquinerie soit à sens unique, alors je lui réponds, nos visages plus proches l’uns de l’autre que nécessaire. Cela a le don de perturber Elias, réaction que je ne rate pas d’une miette. Puis une de ses mains quitte la main pour filer sur son visage harmonieux. Par réflexe, je sers un peu plus ses doigts entre les miens, de peur que sa seconde main s’échappe à son tour. Je le sens se remontrer de ce geste, peut-être un peu osé de ma part en détournant mes yeux pour regarder mes mèches rouges qui nagent paisiblement dans l’eau. Je relève cette observation et l’oubli de bonnet, une véritable crise contre les règles de bases de la piscine. Mais Elias a raison, personne ne viendra pour faire un sermon à cette heure-ci. Non, à cette heure-ci, il n’y a que lui et moi dans le complexe sportif. Et peut-être, ne devrais-je pas en profiter autant. Peut-être qu’Eli ne fait cela que par simple politesse. Peut-être a-t-il réellement envie de s'entraîner, et non pas de perdre son temps à m’aider. Mais je ne me sens pas prête à continuer seule pour autant. Alors d’une petite voix, je lui demande la permission de continuer de le tenir, de tenir mes mains dans les siennes le temps que je retrouve mes repères. Ma question a le don de le faire sourire, un sourire que j’aurais aimé lui faire ravaler en temps normal mais ce n’est pas le moment de râler. Fuyant le doux regard et le petit sourire charmeur, je fixe mes pieds à travers l’eau comme si cela allait m’aider à avancer. Ses mains se serrent sur les miennes et je ne peux retenir un léger sourire avant de faire un pas supplémentaire dans l’eau. Bien sûr, avec le nageur, le calme ne règne jamais très longtemps. Je roule des yeux à la remarque et je me retiens d’ajouter que j’ai toutes les raisons du monde de m'inquiéter tant on parle de lui et de ses bêtises. « On est jamais face à face en compétition de toute façon. » je bougonne dans ma barbe inexistante, baissant légèrement la tête. Mon regard est fuyant, je n’aime pas me sentir vulnérable face à qui que ce soit. Mais cela me gêne d’autant plus de montrer cet aspect de moi à Elias. Pourtant, c’est d’une facilité déconcertante d’exposer mes faiblesses devant lui à l’heure actuelle. Je n’y comprends rien… J’ai envie de fuir et lui cacher mes failles, mais je n’ai pas envie qu’il s’éloigne, j’ai peur qu’il s’éloigne, qu’il me laisse seule à agoniser dans cette piscine. Piscine qui a longtemps été mon lieu de réconfort, celle qui me paraît si étrangère aujourd’hui. À croire que cet accident et ces longs mois au repos ont laissé plus de traces que je ne le voudrais. J’aimerai simplement effacer cette journée de ma mémoire, effacer cette journée de ma vie et pouvoir faire comme si rien n’était. Mais c’est plus difficile que cela. Mes mains se crispent sur celle de mon camarade, alors que j’ai les yeux fixés dans l’eau bleue. « Puis t’es drôle toi… On voit que ce n’est pas toi qui t’es pris un morceau de verre dans l’abdomen et qui a passé six mois en convalescence hein… » je souffle d’une petite voix, presque inaudible, comme si j’avais envie de le dire mais ce que je souhaitais pas qu’Eli l’entende de ma bouche. Je ne peux rien contre ma blessure, c’est illusionnelle de croire que j’aurais pu empêcher que cela arrive. Pourtant, il y a ce quelque chose en moi qui me dit que cela ne me serait jamais arrivé si j’avais été plus forte. « J’ai pas peur, ok ?... Je préfère juste prendre mon temps. Je veux pas me reblesser. » j’assume d’une voix ferme en remontant mes pupilles noires vers le jeune homme. Bien sûr que je suis morte de trouille en réalité, mais il n’a pas besoin de le savoir. Il a juste besoin de rester avec moi, juste besoin de continuer de me tenir fermement mais délicatement les mains comme il le fait. Elias a juste besoin d’être la force dont je manque pour retrouver confiance. Mais il n’a aucune raison de le faire. Alors je me questionne sur ses motivations, pas de taquineries, pas de méfiances, une simple curiosité. Je me mords l'intérieur de la joue droite avant d’oser délier ma question devant lui. « Dis, Elias… Pourquoi tu m’aides ? » je demande dans un souffle, un peu craintive de la réponse qu’il va me demande combien même je ne sais pas réellement ce que j’attends.



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Seo Elias
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Puisque je suis mon aquarium moi le poisson changé en homme —  j’aimerais savoir bien cacher ce que je ressens mais je ne fais malheureusement pas partie de ceux qui arbore un visage de glace et sont tendres ou autre chose à l’intérieur. au contraire, ce que je ressens, je le montre immédiatement. je suis expressif à mourir. si bien que lorsqu’aliyyah approche un peu trop près son visage du mien, j’ai la sensation que mes fils intérieurs se déconnectent tous en même temps. mon cerveau ne répond plus, alors que son geste n’a pas duré bien longtemps. comment se fait-il que je réagisse ainsi ? je passe la paume de ma main trempée sur mon visage, lâchant une des mains de la nageuse par la même occasion. elias, réveilles-toi. soudainement, ses doigts sur ma main restante se resserrent. surpris et inquiet, je tourne ma tête vers elle, et récupère son autre main instinctivement. je penche ma tête et l’observe avec de grands yeux. outre le sujet que nous avons tous les deux oublié notre bonnet, je la sens encore énormément tendue. « aliyyah.. ça va ? » mon visage trahit mon inquiétude alors que nos deux mains sont de nouveau jointes ensemble. mon cerveau a du mal à réfléchir correctement. c’était comme si.. une part de moi arrivait à garder son calme, tandis que l’autre se dévoilait totalement. nous sommes tous les deux, seuls, dans la piscine. personne ne viendra à cette heure-ci. j’aurais été avec une autre fille, j’aurais sûrement usé de mes charmes mais sans que les siens ne me touchent en retour. ça a toujours fonctionné ainsi pour moi. alors pourquoi je me sens touché au même niveau en ce moment ? surtout qu’elle vient juste de me demander de lui tenir les mains juste un peu plus. mes mots sortent de ma bouche sans que je puisse y réfléchir de trop. non, tu peux me tenir les mains autant que tu le veux. qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? c’est le bon moment pour lui faire faire une roue dans l’eau. pourquoi est-ce que je fais tant que ça attention à son bien-être ? le champ est tellement libre pour une nouvelle farce… je ne me reconnais pas trop, pour le coup. j’essaie de ne pas m’attarder sur ces pensées étranges et resserre mon emprise sur ses mains pour lui confirmer ma présence. avant de la taquiner à nouveau, parce qu’évidemment, ça m’avait trop manqué. quand bien même je la vois lever les yeux au ciel, je sens qu’elle est beaucoup plus détendue qu’au tout départ. on avance, petit à petit, et pas que dans la piscine. « non, mais dans nos compétitions entre nous, si. » je lui adresse un clin d’œil pendant qu’elle bougonne à sa manière habituelle. je sens qu’elle fuit mon regard mais pourtant, si la situation lui déplaisait tant que ça, elle serait partie. ou elle m’aurait forcé plus que ça à partir. mais la connaissant, ça ne doit pas être facile de me montrer ses faiblesses. je serais même prêt à parier que je serais bien un des derniers devant lequel elle aimerait tant se dévoiler. nous nous entendons bien au fond, mais notre relation reste étrange. nous sommes proches, sans l’être vraiment. c’est un peu comme le jeu du chat et de la souris. j’ai l’impression qu’on ne peut pas s’empêcher de se chercher tout le temps lorsque l’on sent la présence de l’un et de l’autre. alors d’une certaine manière, nous sommes au prise dans notre compétition à nous. a celui qui taquinera le plus l’autre. ou à celui qui sera sûrement le meilleur au 500m. je la regarde avec un air tendre alors que ses mains se crispent sur les miennes. elle fait tout pour éviter mon regard. elle murmure quelque chose que je parviens à peine à capter mais que je finis par comprendre après quelques secondes de réflexion. six mois en convalescence.. ce n’est pas moi qui me suis retrouvé blessé mais.. c’était tout comme. je me souviens de ce jour comme si c’était hier. la panique avait totalement pris possession de mon corps. « je pense que je me suis aussi pris un morceau de verre dans l’abdomen en l’apprenant. » je détourne le regard un instant, marquant une pause pour remettre mes idées en place. « j’étais loin quand je l’ai appris, j’étais à busan pour la compétition. je me souviens avoir sauté du bus alors qu’il n’était même pas arrêté. » les souvenirs me revenaient au fur et à mesure, c’était il y a quelques mois, et pourtant, j’avais cette horrible impression que c’était hier. « je n’ai jamais autant couru de ma vie que ce jour-là. » me rendant compte que je me dévoilais un peu trop, je me suis repris en affichant un grand sourire. « tu étais inconsciente quand je suis arrivé. mais point positif, ça m’a fait travailler mon cardio ! » tu ne sais pas la frayeur que tu m’as donné à ce moment-là. j’espère sincèrement que si la yonsei connaît un autre événement de ce genre, tu n’y seras pas. c’est ce que je voulais lui dire mais j’ai considéré que j’en avais déjà trop dit. j’hoche la tête alors que la discussion revient sur son avancée dans l’eau. « de toute façon, avec moi, tu n’as pas besoin d’avoir peur.. » dis-je avec un sourire malicieux. si elle était en état de m’en mettre une, je ne l’aurais une nouvelle fois pas volée. je tiens toujours ses mains dans les miennes et l’aide un peu à avancer de quelques centimètres vers moi. alors que j’étais concentré sur nos mains, la voix d’aliyyah, douce mais d’un ton sérieux parvint à mes oreilles. surpris par sa demande et pris de court, je relève immédiatement le visage et la regarde avec des yeux étonnés. je cligne légèrement des paupières, gros signe montrant que je ne savais pas trop quoi répondre. « ah, euh… » je me mords la lèvre instinctivement et lâche un léger rire gêné. « parce que hm, j’imagine que.. euh.. un requin est plus beau dans l’eau qu’à barboter sur le rebord ? » ai-je lancé dans une vaine tentative de cacher mon malaise qui ne se voyait que beaucoup plus encore. ne me demandez pas de mentir, je suis trop sincère pour ça. a part quand il s’agit de faire des blagues, là c’est autre chose. je sens que ma réponse ne plaît pas et mon sourire s’efface, mon rire gêné se fâne et je baisse le regard. « tu es ma coéquipière et en même temps ma rivale. je pensais la même chose le jour de l’accident. ton bien-être m’importe parce que je tiens à toi. » je me mords de nouveau la lèvre inférieure et me racle la gorge comme pour disperser mes récentes paroles au loin. je décide de lui retourner la question en cherchant ses yeux, penchant légèrement la tête. « et toi aliyyah ? pourquoi évites-tu mon regard ? »







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Shim Aliyyah
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Il est temps à nouveau de nous jeter à l'eau —  Ce n’est pas très malin de ma part de m’amuser des réactions du jeune homme ainsi, et la preuve c’est que le karma me le rend bien. À peine la main d’Elias a quitté la mienne que je sens une nouvelle vague de panique me traverser, qui me fait instinctivement resserrer mes doigts autour de sa main qui me maintient toujours fermement. Mes lèvres se pincent par réflexion, alors que je m’accroche désespérément à ses doigts. Cette peur, je le déteste mais je ne parviens pas à la combattre. Elle me rend si faible devant le nageur, si vulnérable. Tout ce que je ne suis pas, et tout ce que je ne veux jamais être. J’ai l’impression qu’en quelques instants, des années à construire cette carapace de force et de confiance sont réduites à néant. Par la faute d’un simple accident, juste parce que j’ai été au mauvais endroit au mauvais moment. C’est tellement injuste. « Je survis. » je réponds à Elias alors que je suis de nouveau pendue à ses deux mains, comme une enfant qui n’a pas pieds dans le bassin. Mais je ne suis ni une gamine et j’ai largement pieds dans cette partie de la piscine. Je sais que c’est totalement ridicule, mais je me peux m’empêcher de demander à mon camarade club la permission de lui tenir les mains un peu plus longtemps, de pouvoir compter sur lui un peu plus longtemps. À ma question, l’inquiétude d’Elias s’envole bien vite pour laisser place à ce sourire satisfait, qui est si agaçant à mes yeux. Je reprends ma progression dans l’eau sous les taquineries de ce sale gosse d’une vingtaine d’années. Je choisis de ne pas m’attarder plus sur ses bêtises alors que je suis toujours extrêmement concentrée sur l’avancée de mes jambes dans la piscine. Puis pour une raison qui m’est encore obscur, j’ose évoquer mon accident, ce sujet pourtant encore un peu tabou pour moi. Parler de ce morceau de verre qui s’est logé sans permission dans mon ventre a le temps de faire réagir mon camarade de façon inattendu. Mes yeux s’ouvrent grand sous la surprise que provoquent les mots du jeune homme. La vulnérabilité que je lis entre les lignes me provoque un pincement au cœur. « Il n’y avait pas à s’inquiéter autant tu sais ? Tu n’aurais rien pu faire de plus de toute façon… À part être blessé aussi. » je finis par répondre, lâchant finalement la lèvre que je mordille depuis qu’Elias a commencé à exprimer son inquiétude, ses ressentis par rapport à mon accident. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse atteindre autant. Et même s’il tente de détendre l’atmosphère en finissant sur une pointe d’humeur, je comprends bien que cela ne l’amuse pas du tout, au contraire. « Et on n’a pas besoin de deux personnes convalescentes dans l’équipe. » j’ajoute avec un petit sourire qui se veut léger, histoire d’apporter à mon tour un peu d’humeur à toute cette conversation pesante. Pourtant, on ne peut pas nier que le sujet ne donne en rien envie de rire. Il ravive de douloureux souvenirs, des choses qui me hantent nuit et jour, des choses que j’espère sincèrement oublier un jour. Je souffle, avant de me rapprocher d’Elias pour poser le haut de mon crâne contre son torse. La tête baissée appuyée contre lui, un nouveau soupire traverse mes lèvres. « J’ai juste eu… Très peur. Cela m’a rappelé beaucoup de mauvais souvenirs, et j’ai cru que j’allais tout perdre une seconde fois. ». Que j’allais mourir sans pouvoir dire aurevoir à ceux que j’aime, comme je n’ai pas pu dire aurevoir à ce que j’aimais il y a quelques années. Ses pensées ont envahi mon esprit pendant toute mon agonie, pendant toute l’attente des secours. Et plus que la douleur insoutenable, c’est cette peur qui m’a le plus marqué dans cet épisode de ma vie. Je reste quelques instants dans cette position, avant de reprendre mes esprits. Ma tête se secoue contre la poitrine du nageur, avant que je me redresse d’un air déterminé à reprendre cette séance de désensibilisation. Car, il est hors de question que j’avoue à Elias que j’ai peur de reprendre la natation, que j’ai peur qu’il n’arrive malheur lors d’une simple petite longueur. Le jeune homme me rappelle que je n’ai pas de raison d’avoir peur quand je suis avec lui, et je ne rate pas cette occasion de lui laisser un regard blasé. Pourtant, je ne réponds rien, me contentant d’un petit sourire exaspéré. Je me demande pourquoi Eli fait tant d’efforts pour m’aider et pour me détendre, alors gênée, je finis par poser la question. Ma demande a le don de l’étonner plus qu’elle ne le devrait, après tout il s’agit d’une simple question innocente. Sa réaction me surprend et je ne crois pas une seule seconde en sa première réponse. Mais peut-être aurais-je pu me contenter de celle-ci au vu de la vague d’embarras que la seconde provoque chez moi. À la fin de ses paroles, Elias s’éclaicit la gorge et enchaine sur une question à son tour, ce qui a le don de me faire un peu sursautée. « J’évite pas ton regard ! Je… je réfléchis, voilà tout. » je réponds à la va-vite alors qu’il s’agit très clairement du plus grand mensonge du siècle. Je ne suis pas du tout crédible, mais il n’a pas idée de dire des choses pareilles aussi… J’ose quand même un petit coup d’œil vers Elias, mais je me ravise rapidement en grognant dans ma barbe. « Bon, ok. C’est un peu gênant d’être aussi proche de toi, de te tenir les mains comme si ma vie en dépendait et d’en plus avoir trop peur de m’éloigner. Ça te va comme réponse ? » je dis d’une voix extrêmement agacée, par lui et ses remarques, par moi et mes réactions. Comme pour montrer que je suis plus mature que lui ainsi que pour le contredire, je relève les yeux vers lui pour le fixer longuement serrant douloureusement ses mains dans les miennes pour le punir. Très vite, je suis de nouveau embarrassée par l’échange de regard et je me mords la lèvre avant de le rompre encore une fois. Quelques secondes de silence passent durant lesquelles que je me contente de faire quelques petits pas dans l’eau, tantôt me rapprochant, tantôt m’éloignant d’Elias. Puis à un certain moment, alors que je suis plus proche de lui que précédemment, une idée me traverse l’esprit. Ma tête se redresse vers lui, un sourire moqueur sur les lèvres, celui qui m’aide parfaitement bien à cacher la gêne qui m’habite. « Alors comme ça… Tu tiens à moi ? » je demande. Pour être tout à fait honnête, j’apprécie le jeune homme malgré le fait qu’il soit bien plus agaçant que la normale, mais je n’ai jamais vraiment cherché plus loin que ses nombreuses piques, et des bêtises qu’il est capable de sortir. Mais à l’entendre se livrer ainsi aujourd’hui, je découvre des teintes plus variées de sa personnalité qui, je dois l’avouer, le rendre un peu attachant.



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Puisque je suis mon aquarium moi le poisson changé en homme —  cet accident, c’était il y a quelques mois. quelques mois et pourtant, je ressens toujours cette sensation, la pire de toutes, celle qui te fait comprendre que tu as bien rongé tes ongles pendant des jours, des semaines. les souvenirs remontent à la surface sans que je ne puisse les en empêcher. je me revois encore dans ce bus qui roulait à deux à l’heure. je repense à la manière dont je me mordais la lèvre, observant tour à tour nerveusement la fenêtre, la route et le chauffeur. je souhaitais qu’il aille plus vite, qu’il actionne plus franchement son pied sur la pédale d’accélération. je me frottais les cheveux de frustration, je m’en voulais d’avoir été absent, de ne pas avoir été là pour elle et pour les autres. et lorsqu’au bout d’un moment, j’ai compris que le bus n’irait pas à la vitesse que je voudrais, je me suis levé précipitamment, actionnant le bouton d’arrêt d’urgence et j'ai sauté en-dehors du bus. j'ai courru à toute vitesse, pour une fois que mes grandes jambes me servaient réellement à autre chose qu’à nager en première position. puis, je revois le lit d’hôpital où aliyyah était allongée, les appareils, les branchements, les soins… ça m’avait plongé dans une si grande tristesse. mon sourire revint s’afficher sur mon visage pour cacher tout ça lorsque je me rendis enfin compte que je parlais trop. ali n’a pas besoin de savoir tout ça, et même si c’est elle qui a abordé le sujet, mieux vaut ne pas trop l’étoffer. au même moment, je croise son regard qui trahit une surprise impossible à camoufler. j’accentue mon sourire sincère et pour une des rares fois dans ma vie, je reste sérieux dans mes paroles. « j’aurais pu t’aider, te protéger. je sais que j’aurais pu. » ai-je murmuré pour toute réponse, les yeux rivés sur nos mains jointes. « à la place, je me suis senti simplement impuissant face à la situation et c’est le pire sentiment que tu peux connaître dans ta vie. » je ne veux plus jamais le ressentir une nouvelle fois. surtout lorsqu’aliyyah est concernée. ne m’en demandez pas plus. je finis par soupirer puis tente de raviver l’ambiance, et je vois qu’elle me suit dans mon manège. les souvenirs sont douloureux, écorchés vifs mais ils sont bien là, fraîchement présents. j’ai souffert mais aliyyah a souffert encore plus. ne plus pouvoir pratiquer sa passion.. il faut énormément de courage. la rééducation doit faire peur. se demander si l’on pourra un jour remarcher, si l’on pourra un jour reprendre les compétitions et les activités de club. je n’ose imaginer la panique que je ressentirais. a ce moment-là, lorsque je me tenais debout sur le plongeoir et que je pensais à l’accident et à la situation encore bancale d’aliyyah, je me souviens que je traînais jusqu’à tard le soir à la piscine, à faire des longueurs et encore des longueurs, sans m’arrêter. je voulais arrêter d’y penser mais c’était tout bonnement impossible. cet accident me touchait trop. encore aujourd’hui, maintenant que j’y réfléchis, je ne sais toujours pas pourquoi ça m’a autant touché. il faut dire que je n’ai pas cherché à creuser plus. alors que mes souvenirs défilaient un par un, je fus surpris de sentir sa peau rentrer encore plus en contact avec la mienne. je baisse légèrement la tête et découvre qu’elle a lentement posé la sienne contre mon torse. ou simplement son front mais pour moi, c’est la même chose. je suis dans le même état. c’est-à-dire que j’ai l’impression qu’il fait 45° alors que l’eau est devenue tiède tellement nous y sommes depuis longtemps. qu’est-ce qui m’arrive au juste ? je ne crois pas avoir signé pour le sauna. le son de la voix de la syrienne résonne à nouveau. mon regard noir observe le haut de sa tête, et ses cheveux rouges de sirène. je ne pouvais plus voir son visage mais je le devinais très clairement. j’ai une envie très forte de poser ma main dans ses cheveux, mais je ne sais pas comment ni moi ni elle pourrions prendre ce geste alors je me retiens. « une seconde fois ? » ai-je questionné, ma curiosité maladive reprenant le dessus. je sais qu’elle n’a pas eu une vie facile, mais je n’en sais pas plus. peut-être que là d’où elle vient… je ne connais pas grand-chose sur la syrie mais du peu que j’en sais, ça n’a rien de très joyeux. je la vois s’éloigner avec déception et lui fait alors la remarque malicieuse qu’avec moi, elle n’avait aucune raison d’avoir peur. évidemment que c’est encore une bêtise de ma part, mais je crois qu’elle est habituée… non ? comme prévu, je me prends un regard blasé bien mérité. je lâche un léger rire taquin, bien heureux d’avoir de telles réactions pour moi tout seul. « sorry. » dis-je en esquissant un sourire qui disait le contraire. en plus, mon accent anglais est plutôt mauvais et je dois sûrement ça à mon côté italien, je roule le r alors qu’il n’y en a pas besoin. c’est pas super beau à entendre. et alors que ma concentration s’était de nouveau focalisée sur nos doigts, aliyyah me pose une question à laquelle je ne m’attendais pas du tout. a vrai dire… je ne sais pas pourquoi cette question me met mal à l’aise. je ne sais pas quoi répondre, et ça se voit très clairement avec l’expression affichée sur mon visage. je lui donne une première réponse, essayant de cacher tant bien que mal ma gêne mais c’était déjà trop tard. alors foutu pour foutu… je baisse les yeux et lui répond avec honnêteté. c’est vrai que je tiens à elle mais je n’ai pas envie d’en dire trop, notre relation est tellement floue à mes yeux que je préfère m’arrêter à tout ça. ce serait trop compliqué d’aller chercher plus loin une autre raison. soudainement gêné par ce que je venais de dire, j’éclaircis ma gorge, voulant changer de cible au plus vite. et tourner les questions envers aliyyah. c’est sûr que c’est beaucoup plus facile quand ce n’est pas moi qui doit répondre. je la vois sursauter et ne la quitte pas du regard. je reste silencieux alors qu’elle cherche ses mots. je semble l’avoir surprise aussi. j’attends sa seconde réponse qui finit par arriver et m’arracher un énième sourire ravi. elle paraît agacée et c’est ce qui me fait sourire encore plus. « c’est parfait requin d’eau douce. » dis-je d’un ton bas en plissant les yeux. sa réponse me satisfait encore plus que ce que j’aurais pu imaginer. elle ressert alors son emprise sur mes mains et nos regards se croisent. je plonge volontairement mes yeux dans les siens mais je la vois rompre le contact sous l’embarras. un silence nous entoure, un silence étrange, un silence qui veut sûrement dire bien des choses. je lui tiens toujours les mains et ne la lâche pas des yeux, plongé dans ma contemplation. aliyyah est vraiment belle, sont les pensées qui traversent mon esprit. je trouve qu’elle ressemble plus à ariel qu’à un requin d’eau douce finalement. j’ai du mal à décrocher mon regard de son visage fin, de sa silhouette immergée dans notre élément favori. je la vois faire quelques pas en avant, d’autre en arrière et je penche ma tête sur le côté avec un air interrogateur. avec le plus gros vice du monde, je fais quelques pas en avant pour me rapprocher un peu plus d’elle. « tu peux m’expliquer ce que tu fabriques ? une petite danse de la pluie ? tu espères me noyer en faisant pleuvoir les nuages ? » je lance avec amusement, riant presque de son petit numéro. et puis, aliyyah eu la brillante idée de revenir sur ce que j’avais éloigné quelques minutes plus tôt. j’avais espéré que ce soit passé à la trappe mais j’aurais peut-être mieux fait de ne pas donner de seconde réponse, finalement. son sourire moqueur ne fait que me confirmer mes regrets. « je.. » nouveau battement de cils. « oui, je ne sauterais pas d’un bus toujours en route pour n’importe qui. » et tu n’es pas n’importe qui, tu es.. hm ? je crois qu’on passe sous un tunnel, la connexion ne se fait plus. j’hausse les sourcils d’un air farceur. « tu veux que je développe plus ? peut-être que tu veux une déclaration d’amour de poséidon. » me revoilà de retour dans ma zone de confort. tout ça pour ne pas en dire plus. je préfère me prendre des éclairs plutôt que d’expliquer plus mon attachement pour aliyyah. ce fut ensuite à mon tour de revenir sur sa réponse. « gênant d’être proche de moi donc.. je ne savais pas que j’étais si impressionnant. » et si pudique avec ce que je ressens.    







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‟ seo elias & shim aliyyah „


Il est temps à nouveau de nous jeter à l'eau —  L’incendie de l’université a marqué les esprits ; cela ne s’arrête pas à Elias ou encore à moi. Après tout, certains y ont perdu la vie et le deuil a duré de longs mois sur le campus. Et encore aujourd’hui, je ressens tous les jours que les cœurs des étudiants mais aussi du personnel de l’université sont gravés par cet évènement. Les séquelles morales qui se traduisent en peurs incontrôlables, en méfiances infinies ; Les séquelles physiques qui brûlent encore et qui poinçeront la peau encore longtemps, peut-être même indéfiniment. Je ne suis pas la seule à les connaître, même les âmes absentes ce jour-là sont affectées par les flammes et les explosions. Eli fait partie de ces gens-là, ceux que la chance a protégé mais que partiellement. « Impuisant… » je répète plus pour moi que pour lui, ne sachant pas réellement quoi répondre après de telles révélations sur combien l’incendie de la yonsei l’a marqué, même s’il n’était même pas sur les lieux. Plus que ma situation, je pense Elias a ressenti ce sentiment d’impuissance envers tous ceux qui se sont retrouvés blessés durant les portes ouvertes. Et je le comprends… Moi-même, littéralement clouée au sol que je l’avais été, l’idée de ne rien pouvoir faire pour les blessés à quelques mètres de moi m’avait consumée pendant toute l’attente des secours. Même l’esprit embrumé par l’inconscience qui m’accueillait doucement, ce sentiment d’inquiétude et d’impuissance m’avait gardé éveillé de longs instants. « La prochaine fois, tu seras là pour protéger tout le monde. Ne t’en fais, monsieur le triton. » je reprends finalement en lui offrant un peu sourire, qui se veut presque moqueur mais la réalité, c’est que je cherche un peu à le rassurer et à faire basculer ce sujet pesant, offrir un peu de légèreté à la discussion. Ces derniers mois apportent beaucoup de douleurs à tout le monde, beaucoup de regrets aussi. Si je pouvais, j’aimerais réécrire ces derniers mois de a à z pour les bonifier ou tout simplement les effacer. Des souvenirs noirs du genre, je n’y suis pas étrangère j’en ai déjà eu ma dose, alors pourquoi est-ce que cela continue de me tomber dessus ? Je ne pense pas mériter cela, et cela m’effraie. Dans un soupir douloureux, ma tête s’approche doucement de son torse avant que mon front ne rencontre sa peau, pour seule barrière l’eau chlorée qui nous recouvre. J’entends le cœur d’Eli battre contre sa poitrine et son rythme a quelque chose d’apaissant, de rassurant. « J’ai perdu ma première vie, Elias. » je souffle maladroitement, ne sachant pas réellement comme en parler sans trop en dire. Ce n’est pas le genre de chose que j’évoque facilement et avec n’importe qui, ce sont des cicatrices profondes. Aujourd’hui protégées par une forme de pudeur et de crainte extrême, rares sont ceux qui parviennent à m’inciter à les partager avec ceux. « Quand je suis arrivée ici, je n’avais plus personne. » je continue d’une voix toute aussi basse, en parler m’épuise, me vide de toute énergie et assombrit mon cœur de tristesse et de colère à chaque fois. Plus de famille, plus d’amis d’enfance. Juste mon cœur meurtri et mes mains vides, dans le pays de mon sang que je ne connaissais que par les récits lointains de mes parents. Reprendre le cours de ma vie, écrire une nouvelle page avait demandé du temps, mais les nouvelles rencontres, les nouvelles possibilités m'avaient sorti de cette solitude intense. Aujourd’hui, j’espère d’y penser le moins possible, quitte à oublier les dix-huit premières années de ma vie s’il le faut. Après quelques instants à y réfléchir, confortablement installée contre la poitrine du nageur, je finis relever la tête prête à passer à autre chose. Elias m’aide un peu en ajoutant une de ses bêtises habituelles, qui me font rouler des yeux ou soupire, parfois même les deux à la fois. Tout l’intérêt qu’il me porte en ce jour, tout l’attention dont il fait preuve, réveille des questions dans mon esprit. Je ne suis pas sûre de vouloir connaître la réponse à vrai dire, pourtant je ne peux m’empêcher de l’interroger. Ses réponses me laissent bouche bée, les pupilles dilatées sous la surprise, le cœur fou l’espace de quelques secondes. Il tient à moi, et je ne comprends aucunement pourquoi ces mots ont plus d’impact entre ses lèvres qu’entre celles de mes amis proches. Embarrassée et plongée dans cette vague d’incompréhension, je détourne les yeux et je sens l’agacement arriver par simple manque de contrôle sur la situation. Et la suite imposée par les questions d’Elias n’aident en rien, ma gêne refuse de s’éclipser ce qui fait grandir un peu plus mon agacement. Je finis par répondre à la vas-vite à la question, suppliant presque dans toutes mon attitude que l’on passe à autre chose. Heureusement, le jeune homme se contente de ma réponse et après un dernier requin d’eau douce, il se décide à me laisser tranquille. Les mains serrées fortement entre les siennes, je reprends ma désensibilisation à l’eau peu à peu, ce qui a l’air de beaucoup amuser le nageur. « J’ai pas besoin de ça pour te noyer. » je rétorque sans lui adresser un regard, et je continue mes petits pas dans la piscine qui intriguent énormément mon camarade de club. Puis finalement, je décide qu’une petite vengeance ne ferait pas de mal, alors brusquement, je m’approche les pupilles planter dans les siennes, pour revenir sur ses révélations. Un jeu d’inversion de forces qui n’est pas près de s’arrêter nous connaissant. « C’est quand même sacrément idiot de sauter d’un bus en route… J’allais pas m’enfuir de mon lit d’hôpital tu sais. » je réponds avec un sourire narquois. Ce n’était clairement pas l’envie qui manquait pourtant de fuir ces murs blancs et cette odeur de désinfectant… Mais la force n’était pas là et je pense même qu’à l’arrivée d’Elias, j’étais encore inconsciente à la suite de mon opération. Et je n’ai pas eu la force de le faire pendant un petit moment, peu importe combien je me suis sentie emprisonnée, captive dans cette chambre d’un froid glacial. Mon sourire se dessine un peu plus, avant qu’une nouvelle fois, Elias ne reprenne la main. Je m’éloigne précipitamment, grognant légèrement contre le nageur qui me rappelle que j’ai osé lui dire qu’être proche de lui me gênait. « Non, merci pour la déclaration. N’abusons pas quand même. » je réponds finalement, m’éloignant un peu plus lorsque j’imagine Eli me faire une déclaration d’amour sous le signe de la moquerie et de l’amusement. « Mais c’était mignon. » j’ajoute tout de même, haussant les épaules en souriant un peu. C’est vrai qu’au fond, Eli peut être mignon, adorable et tous les adjectifs du genre, mais il est tellement chiant le reste du temps que j’oublie cet aspect de lui. C’est dommage, car sans ce côté absolument insupportable, je suis quasiment sûre que l’on pourrait s’entendre sur le long terme. « Et puis impressionnant… N’importe quoi. J’ai juste peur d’être contaminée par ta connerie. ». Mes pupilles roulent d’elle-même en repensant aux paroles du jeune homme ; et même s’il est impressionnant, jamais je ne lui avouerai et jamais je ne lui montrerai, il s’agit juste de gêne pure et dure. Celle qui fait chauffer mon corps au-dessus de la normale, celle qui fait rougir délicatement mes pommettes, celle qui fait trembler légèrement mes doigts ; rien de plus, vraiment. Elle serait présente avec n’importe quelle autre personne, de part n’importe quel autre rapprochement. Le seul moyen de l’empêcher est de s’éloigner d’Elias. « Je crois que tu peux me lâcher ? » ma phrase sonne comme une question, pas vraiment sûre du fait que je sois vraiment prête à me débrouiller seule, mais il faut. Puis je jette un petit coup d'œil en coin à mon camarade de club. « À moins que tu n’en aies pas envie. » j’ajoute, un sourire qui se veut mi-joueur mi-moqueur sur le visage. Je ne sais pas si ce n’est pas plutôt moi qui ne veut pas qu’il me lâche, qui ait trop peur de le faire, mais je garde ces pensées pour moi. « Aller, je suis gentille, je t’en laisse une sur les deux. ». Puis doucement, je m’écarte et ma main gauche glisse d’elle-même pour se libérer de celle du nageur. Je ne peux pas rester indéfiniment assistée par Elias dans la reprise de mes activités extra-scolaires. Il ne va pas me tenir la main à chaque fois, il va bien falloir reprendre confiance en mes capacités et faire confiance à cette eau pourtant si familière pour me porter.



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