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Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux ~ Yu Yona ☆  Dim 18 Sep - 9:49


Yu Sis&Bro

Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux…



Je n’avais jamais imaginé mettre un jour les pieds dans un tel endroit. Pas dans ces circonstances là en tout cas ! Je me rendais pas vraiment compte jusqu’à ce que je me retrouve au pied de ce mur immense. Sinistre. Je réalisais pas. À ce moment-là encore, une partie de mon cerveau ne voulait pas enregistrer la donnée la plus importante. Qu’est-ce que je foutais là ? Je longeais les couloirs, mes pas crissant sur le lino. L’interminable tunnel semblait enveloppé par une oppressante bulle de silence, tandis qu’au loin, des éclats de voix, des cris parfois retentissaient. Esprit embrouillé, j’avais l’impression que mes oreilles étaient bouchés. Je me sentais mal, mal à l’aise. Je voulais pas croire que j’avais une raison de me trouver là. Ça puait. Pire qu’un hôpital. À tous ceux qui ne supportent l’atmosphère des hôpitaux, je vous invite à vous immerger dans celle d’une prison. Vous relativiserez sûrement.

P*tain, non c’était pas possible ! Je voulais pas croire que j’étais vraiment ici ! Lorsqu’un gars qui fait son service militaire, en principe, il en profite pour aller faire la fête, s’enivrer – bon, certes, ça normalement on est pas censé le faire – et s’envoyer en l’air comme si on sortait de… Prison. Voilà, où j’étais. Dans les couloirs d’une prison. Et non pas pour ma propre condamnation. Un jour peut-être. Mais pas en Corée du Sud, probablement dans un pays lointain et où je me serai fait duper par des trafiquants qui auront dissimuler de la drogue dans mes affaires à mon insu, idiot de touriste aventurier que je serai.

Dans le dos de cet imposant geôlier, mes pas me conduisaient en direction du parloir. De toute les personnes composants cette famille, elle était certainement la dernière que je m’attendais à voir derrière les barreaux. Bah quoi ? Sur le papier, elle semblait quand même être la plus saine d’esprit et la plus sage d’entre nous tous ! À croire que les idéaux étaient trompeurs. À moins que ce ne soit la vie qui soit injuste. À croire aussi que je l’avais toujours prédit, elle était dangereuse ! Sa bonté et sa faiblesse l’avaient perdues.

J’avais suivi les consignes et était entré à l’intérieur du parloir, assis sur cette chaise au lieu de cette salle lugubre que je balayais du regard. La porte de l’autre côté de la vitre transparente s’ouvrit. Je la fixai alors avec espoir. L’espoir encore que tout ceci soit faux. Qu’il y ait eu une erreur quelque part, que la personne qui allait en franchir le seuil n’était pas…
« Sana ! »
Je me relevai alors d’un bond de ma chaise qui en bascula en arrière. Co-Comment avait-on pu en arriver là ? Je posai instinctivement une main sur la vitre.
« Sana ! Est-ce que tu vas bien ? »
En un sens ma question était stupide – mais n’étais-je pas l’idiot de la famille ? – et néanmoins légitime ! Il y avait des différents degrés dans le mal-être. Je n’allais pas non plus lui demander : « à quel point est-ce que ça va mal ? » D’ailleurs, c’était presque dommage que cette question ne soit pas dans les usages, elle éviterait un bon nombre de fois de se faire envoyer paitre alors qu’on agissait avec de bonnes intentions, certes maladroites.

Je l’observai des pieds à la tête. Elle semblait si fragile, si désemparée. Bordel ! Pourquoi y avait-il cette foutue vitre qui nous séparait ? Qu’aurais-je fait sinon ? L’aurais-je pris dans mes bras pour la consoler ? Je… Non, probablement pas. Je ne m’en sentais pas cette légitimité. Ce n’était probablement pas à moi d’être là non plus. De ses frères, Sana s’attendait certainement à la visite de Naru ou de Jasun. Pas de Yong le petit merdeux. Pourtant, moi, ça m’était venu instinctivement sans réfléchir d’aller la voir. J’avais besoin de savoir comment elle allait et ce qui avait bien pu se passer en notre absence à Naru et moi pour que cela finisse ainsi.

Je détournai alors les yeux, puis me retournai même pour ramasser ma chaise et m’asseoir en face d’elle, séparer par le plexiglass. Je passai une main nerveuse dans ma chevelure avant de la regarder dans les yeux :
« P*tain, Sana ! Comment t’en es arrivée là ? Qu’est-ce que vous avez foutu, bordel ? »
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Re: Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux ~ Yu Yona ☆  Ven 21 Oct - 10:45



ses mains menottés, une combinaison orange bien trop large et ses cheveux attachés en une queue de cheval, elle marche rapidement poussé nonchalamment par l'un des gardien de prison. elle n'a pas pris de douche depuis deux jours, ici les douches ne sont accessibles qu'à un certain créneau horaire, et seulement par tranche de cinq minutes par prisonnières. pas de chance, cela fait deux jours que sana manque le créneau horaire, ou plutôt deux jours que l'on lui passe devant. elle n'a pas la force de s'imposer, elle n'en a tout bonnement pas le courage. au réfectoire, elle donne la moitié de son déjeuner à une autre détenue, sous peine de se faire frapper si elle se refusait à écouter les ordres. elle ne dort que très peu, souvent blottis dans un coin de sa cellule, se ressassant les événements. les bleus sur son corps ont commencés à disparaître et ne plus en voir de nouveaux apparaître lui paraît étrange. tout semble si différent, si nouveau; sa peur se mélange à son soulagement. il est mort. il ne lévera plus jamais la main sur elle ni sur quique ce soit d'autre. et le pire dans tout cela c'est qu'elle n'éprouve aucun remord, zéro. ou peut-être celui de ne pas l'avoir fait plus tôt. dix ans en prison, qu'est-ce que c'était en comparaison d'une vie infernale aurpsè d'un monstre pareil ? oui elle essayait de se convaincre qu'elle avait fait le bon choix, que c'était mieux ainsi pour tout le monde. il lui suffirait juste de changer son nom de famille pour ne pas souiller les yu.

ton frère est là. c'est ce que lui avait annoncé le gardien de prison. et elle n'avait guère osé demander lequel. qu'importe lequel c'était, elle savait d'hors et déjà qu'à cause d'elle celui-ci devait être inquiet. parce qu'elle avait agis pour elle et ce, sans penser aux répercussions que cela aurait sur eux. et si cela venait à se savoir, si la famille se faisait bâcher par sa faute, si ils ne trouvaient aucun travail à cause de ses antécédents. peut-être aurait-il été mieux qu'elle refuse la visite, qu'elle demande au gardien de dire à son frère qu'elle ne désirait guère le voir. il n'avait pas besoin de ça, pas besoin de la voir dans un tel état. ses pieds glissent sur le sol en lino lorsqu'elle pénètre enfin dans le parloir, tête baissée, incapable d'affronter le regard de celui qui venait la voir.

le son de sa voix lui tord le coeur. yongsun. que faisait-il là ? ne devait-il pas être à l'armée ? et pourquoi s'embêter à venir la visiter si il était en repos, elle n'en valait pas la peine, il avait autre chose à faire que de fréquenter une prison lors de sa permission. elle relève délicatement la tête vers le jeune homme et ce tout en prenant position sur sa chaise, la vitre en plexiglass les empêchant d'avoir de quelconques contacts physiques. sa gorge se serre lorsqu'elle distingue de l'inquiétude dans l'expression de son jeune frère. les mains menottés elle s'empare du téléphone, seul moyen qui permet à leur voix de franchir la vitre qui les sépare. yongsun murmure t-elle faiblement, tentant de se contrôler pour ne pas pleurer devant lui. elle s'en voulait tellement de leur infliger cela, de leur avoir cacher l'enfer qu'elle vivait. je suis tellement désolé yongsun. si tu savais à quel point je m'en veux de vous infliger tout ça! parce qu'elle en était sure, cela aurait un impact sur leur vie, si ce n'était pas déjà le cas. il n'y a pas de nous. je-je l'ai poignardé, c'est moi yongsun. il allait frapper jasun avec une batte, une putain de batte de baseball. j'ai vu le moment où il allait fracasser son crâne. j'avais pas le choix, je pouvais pas le laisser faire. je. je devais le tuer. ses paroles se sont au fur et à mesure transformer en pleurs, elle tente d'essuyer les larmes qui roulent sur son visage mais les menottes rendent la tâche difficile. elle renifle nerveusement, clignant des yeux sans oser affronter son regard. je n'avais pas d'autre choix, il aurait finis par me tuer, il fallait que j'en finisse. yongsun ne devait pas savoir, il ne comprennait probablement pas. car jusque là seul jasun avait découvert ce qu'elle vivait auprès de son ex petit ami, de ce qui se cachait derrière la soit disant belle idyle.



✻✻✻
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Re: Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux ~ Yu Yona ☆  Sam 29 Oct - 23:43


Yu Sis&Bro

Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux…


Ce ne fut qu’une fois assis l’un en face de l’autre, qu’une fois ces paroles idiotes échappées de ma bouche que mes yeux s’ouvrir réellement sur la condition de Sana. Était-ce vraiment elle ? Où était passée ma soeur toujours si belle ? Si élégante et respirant la santé ? Pourquoi était-elle si mal peignée ? Pourquoi me semblait-elle déjà amaigrie ? Mais la vision la plus effroyable fut celle de ces menottes bien trop lourdes pour ses poignets si frêles qui entravait sa main alors qu’elle tenait le combiné du téléphone à son oreille. Cette vision me fit horreur. Si je ne m’étais pas senti vidé de toutes forces, si je n’avais pas eu l’impression que mon âme se faisait happée dans le trou noir qui transperçait actuellement mon coeur, j’aurai voulu me servir de cette chaise sur lequel reposait mon putain de cul d’incapable pour briser cette putain de vitre ! De quel droit ? De quel droit, une simple vitre pouvait-elle séparer un frère une soeur ? Parce que oui, putain ! Cette fille que vous traitez comme une meurtrière : c’est ma soeur !

Alors que les muscles de mon corps semblaient pétrifiés, derrière mon masque livide et incrédule, je bouillonnais de l’intérieur. J’avais envie de tout fracasser. L’envie de la libérer. L’envie de me frapper moi-même ! Pourquoi avais-je dû attendre d’en arriver là pour enfin prendre conscience à quel point Sana était importante pour moi ? Elle était ma soeur, ma famille. Au même titre que les autres, je pourrais tuer pour elle ! Putain de famille, bancale ! Pourquoi ne pouvait-on pas simplement tous se détester ? Pourquoi est-ce qu’en vérité, on s’aimait sans doute bien plus fort que dans toutes familles ? Où était-ce simplement que nous ne savions pas aimer correctement ? Handicapés et fous d’amour, nous ne connaissions les limites à ne pas franchir. À qui la faute, si nous en étions arrivés là ?

« Désolée ? répétai-je finalement stupéfait. Putain, Sana, j’en ai rien à faire de tes excuses ! Qu’est-ce que tu nous infliges en comparaison à ce que tu subis là ? Ne t’excuse pas ! Tu sais que j’ai toujours détesté ça, tes excuses ! »
Je ne m’attendais pas, par contre, à ses mots qui suivirent. Effaré, ils se répercutèrent avec violence dans mon esprit. L’image de ma si douce et bienveillante Sana, poignard à la main, le sang sur ses doigts. Son visage livide. Jasun ? Une batte de baseball ? Mon poing se serra furieusement. Ce connard avait voulu tuer mon frère ? Mon Jasun ? S’il était un individu sur terre pour lequel je n’hésiterais pas un seul à instant à donner ma vie si c’est pour sauver la sienne, c’était bien lui ! Alors, évidemment, je comprenais le geste de Sana… Non. Non, je ne comprenais pas. Toujours pas. Comment avait-on pu arriver là ? Comment avait-on pu laisser ce fou entrer dans la vie de notre soeur ? C’était inconcevable. Comment avait-on pu ne rien voir ? Oh, de ma part, en apparence, ce n’était certainement pas si étonnant. Je donnais une telle impression d’indifférence envers cette famille, qui soupçonnerait que je pus être en vérité bien plus attentif et observateur ? Pourtant là, je n’avais rien vu. Qu’aurais-je fait si j’avais su ? Me serais-je rappelé l’intervention de Sana lorsqu’elle avait découvert que je subissais du harcèlement au collège ? Pour que la situation empire par la suite ? Aurait-ce pu être pire ? Oui, il aurait pu la tuer.

Je ne savais plus. Je ne parvenais plus à mettre de mots sur mes états d’âmes tant ils grondaient en moi et s’entrechoquaient. J’étais affligé et furieux à la fois. J’avais envie de pleurer et de tout fracasser. Comme Naru l’avait fait. Ça ne menait à rien. Peut-être était-ce pour cette raison que la colère me faisait frémir sans exploser. De toute façon, je ne le pouvais pas devant Sana. Car ma fureur, ce n’était pas tant envers cet homme qu’elle se retournait qu’envers moi-même. Je me maudissais. Je me vomissais de n’avoir rien, de ne pas avoir été là. Putain, si ce type avait tenté de tuer Jasun, alors c’était moi qui aurait dû lui planter ce putain de poignard dans le dos, ou dans la poitrine, je ne savais pas ! C’était pas important ! J’avais la seule conviction qu’en ce jour, ma place et celle de ma soeur aurait dû être inversée. Mais si je lui avais montré le dégoût que j’éprouvais envers moi-même à cet instant, Sana aurait encore plus culpabilisé. Elle était ainsi, Sana. C’était pour cette raison que je l’avais toujours redouté… J’aurais aimé avoir tort.
« Sana… » finis-je par murmurer.
Mes mains étaient moites. Je sentais ma gorge pâteuse dont les mots refusaient de sortir, ne sachant dans quel ordre ils devaient s’aligner, ne sachant lesquels devraient rester dans l’oubli et les lesquels devraient se laisser porter par ma voix, à la fois fébrile et empreinte de rage. Les plus téméraires s’élancèrent alors
« Pourquoi est-ce que tu continue de t’excuser alors que c’est nous qui devrions te demander pardon ? Comment tu peux ne pas nous détester de ne pas t’avoir sauvée avant ? »
Les yeux au bord de larmes, un rictus nerveux vint déformer mes lèvres. Mon regard s’échappa sur le côté dans un mouvement de tête un peu saccadé. Je ris, légèrement, nerveusement :
« Finalement, j’y suis parvenu, n’est-ce pas ? J’ai été parfait dans le rôle du frère inutile et misérable ? »
Je le pensais, et en même temps, il y avait quelque chose qui me déplaisait dans mes propres mots :
« Là encore, je parviens à te donner l’envie de me rassurer, d’évincer mes plaintes, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas ce que je veux, Sana. Déteste-moi, Sana. Si tu as besoin de retourner ton désespoir contre quelqu’un, je suis là pour ça. Puisque je suis incapable de vous protéger, que ce soit toi ou Jasun, il ne me reste plus que ce rôle, par chance, je suis naturellement doué pour l’endosser. Alors, s’il en faut un pour porter la haine de vos maux, je serai celui-là. »
J’étais sérieux et sincère. Il n’existait d’autres mots plus véridiques pour qualifier ma pensée. Je révélais seulement un visage que Sana ne me connaissait probablement pas.

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Re: Du sang sur ses ailes, une colombe derrière les barreaux ~ Yu Yona ☆  Aujourd'hui à 11:37


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