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until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Ven 30 Sep - 15:18


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bonnie x darren

A l’aise, la nouvelle gumiho flottait dans l’air de ces couloirs qu’elle découvrait chaque jour. Le sourire aux lèvres, le teint pâle d’un été passé cachée sous les livres d’étude et par son boulot saisonnier, elle caressait les murs à la recherche d’un son et d’un plaisir. Elle vagabondait, la gamine, qui s’imaginait grande et adulte face à ces étudiants, grande et adulte face à cette université de prestige qui lui peignait ses yeux-fierté. Son cœur vrombissait de chaleur et de bonheur alors qu’elle tentait de se persuader que tout ce qui s’offrait à elle n’était pas un rêve. Elle tentait de croire qu’elle avait mérité cet honneur de faire partie des bancs de la fac, comme on dit. La fierté gonflait sa poitrine, agrandissait la grimace de ses lèvres qui se transformait en un rire, parce qu’elle avait réussi Darren, elle réussissait dans ce qu’elle savait faire le mieux. Apprendre, connaître, sauver. L’espoir de sauver sa famille en détresse, sa famille en péril qu’elle voyait déjà se fracasser à cause des mauvais choix, à cause des silences, des absences. Mais Darren, elle s’était promis d’y arriver, de conquérir ce monde de peur inconnue, de gravir ces échelons jusqu’en haut, jusqu’à ce qu’elle puisse enfin se dire qu’elle n’a pas fait tout ça pour rien. Les résultats seraient de mise, qu’elle se disait, qu’elle y croyait. Parce qu’elle gardait quand même l’espoir malgré sa fâcheuse obsession de la réalité. Cet espoir nourri de ses connaissances, de ses propres avancées; elle gardait en elle ce petit rien qui rassurait, qui donnait confiance en soi, qui lui permettait de continuer, de ne pas lâcher prise.

Parfois, la gamine, elle se demandait pourquoi elle et pas ses sœurs, pourquoi les responsabilités qu’elles n’avaient pas assumées devaient lui retomber sur les épaules. Si jeune, si pure à la jouissance d’un monde raté par l’aveuglement et l’acharnement d’études trop lourdes, trop dures, trop chères. Elle avait juste de l’espoir. Peut-être même qu’au fond, c’était rassurant de croire qu’elle pouvait y arriver, la seule à pouvoir le faire, à réussir où ils ont échoué. Manie égoïste de fleurir son espérance de réussite mais Darren, elle s’en voulait pas car cet individualisme qu’elle arrivait à garder au fond d’elle la rendait plus forte, plus indépendante et surtout, elle n’aurait jamais pu arriver jusque là sans cet endurcissement. Alors elle souriait la gumiho sans l’ombre d’une gêne, elle souriait à la gloire qu’elle rêvait d’avoir, elle souriait au petit bonheur qu’elle se construisait doucement dans ce nouvel environnement. Oui, elle souriait la gamine, aussi stellaire que ses orbes étoilés. Elle grandissait à chaque pas jusqu’à ce que son regard ne tombe sur ce visage familier, angélique, et trop inattendu. La coréenne se stoppa dans sa course mêlée aux ombres dessinées par les lueurs du soleil. Une saccade secoua son cœur face à la Belle de son âme. Elle secoua la tête, comme pour se convaincre que ce n’était pas un rêve avant de lâcher, incrédule. « Mais qu’est-ce que tu fous là ? » Sa voix résonna de son franc parler dans ce couloir étroit. Darren aurait aimé se tromper, que ce ne soit pas elle, mais parallèlement, elle ressentait cette chaleur rassurée dans sa poitrine, glissant le long de chacun de ses membres, comme apaisée de voir son visage qu’elle n’avait pas oublié. Pourtant, elle devait pas être là, elle la croyait à l’autre bout du monde à la recherche d’une liberté perdue, d’un bien-être que la gamine avait parfois méprisé. Bouche bouée, elle restait les pieds cloués au sol, perdue entre la colère et la beauté, le souvenir d’avoir été abandonnée, laissée sur ses lèvres le goût des siennes. Mais putain Bonnie, pourquoi t’es revenue ?





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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Sam 15 Oct - 12:26


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L’avion qui atterrit doucement sur la piste d’atterrissage, laisse sortir sa cargaison fourbue. Et cet être, cet elfe au corps un peu grand, au corps un peu maladroit, surmonté d’un sac à dos presque aussi imposant qu’elle. Ses longues jambes l’entraînent vers la terre ferme, sa main vient se déposer sur ses yeux fatigués, cachant ce soleil qui lui brûle la rétine. Et puis elle sourit. Ses paupières viennent naturellement s’abaisser, alors qu’elle lève la tête, recueille les rayons sur son visage. Tel un chat elle se prélasse dans les derniers traits de chaleur. Oh bien sûr, ça ne vaut pas le Brésil. L’Amérique du sud lui manque. Mais elle profite, Boni. Elle profite, faisant le plein avant l’arrivée de l’hiver. Comme un écureuil, elle fait ses réserves. Ses réserves de soleil, de chaleur, de bien-être. Puis elle avance, d’un bon pas, récupère son vélo qu’elle monte de ses mains habiles, habituées, des mains qui ont eu l’habitude de faire ça tant de fois, en plus d’une année. Et le sourire n’a pas quitté ses lèvres alors qu’elle se perche sur la selle, alors que ses cuisses entraînées pédalent avec douceur le long de ces rues qu’elle connaît – mais qu’elle redécouvre en cet instant précis.

Petite sirène slalomant entre les voitures, se délectant des coups de klaxons, riant devant les gestes rageurs et récoltant sur son passage, entre les insultes, des sourires, aussi fugitifs que lumineux qui réchauffent son cœur, lui font comprendre qu’elle a raison, qu’elle fait bien. Mais elle finit par détourner le regard, se concentrer sur autre chose, sa destination. Première étape, le café de ses parents. Un coucou à Jihae, un gros câlin, et puis les cris, et puis les rires, et puis la jeune femme qui saute dans les bras de sa mère. Et des larmes qui s’échappent, coulent de ses yeux. Larmes de joie, larme d’amour. Elle en a pas honte, la gamine, elle en est même plutôt fière. Son père, à côté, les regarde avec cet attendrissement qui lui est propre, spectateur des réjouissances. Mais elle les voit, Boni, ses yeux brillants, ses yeux brûlant. Il est heureux, lui aussi. Il a envie de pleurer d’émotion lui aussi. Mais il peut pas. Parce qu’il est un homme – et qu’une éducation trop bien ancrée laisse toujours des traces. Homme à la virilité saillante, impossibilité de montrer ses sentiments – être obligé d’être fort pour correspondre à cette société qui rejette ses faiblesses.

Et puis elle s’en va, la jeune femme. Elle s’arrache difficilement aux bras chaleureux et roulent avec vigueur en direction de sa deuxième étape : ce dortoir au couleur du ciel, ce garçon qui illumine sa vie, comme le frère qu’elle n’a jamais eu. Elle le retrouve avec cette joie qu’elle a manifesté un peu plus tôt, les relents de ce bonheur éprouvé en retrouvant sa famille, ses parents, ses amis. Et ces quelques instants passés à ses côtés lui ravissent l’âme, font battre son cœur un peu plus, un peu plus fort, un peu plus vite, alors que les rires acidulés s’échappent de sa bouche, fondent dans l’air. Mais il dure bien trop peu, s’arrête bien trop vite. Elle ne s’en formalise pourtant pas, la gamine, en profite même pour s’avancer, seule, dans les couloirs qu’elle a déjà visité. Qu’elle a exploré aussi plus en détail, plus intimement, une fois, il y a longtemps, quand elle était encore à la Yonsei. Elle sourit à ce souvenir, pose la main sur un mur, laisse ses doigts se promener, alors qu’elle marche toujours de son pas léger. Quand une voix retentit brutalement, l’arrête dans son élan. Elle tourne la tête, cligne des yeux, visage innocent, regard curieux. Et puis le sourire qui revient, ignorant la question, les interrogations muettes. « Darren ! Ça fait tellement longtemps, t’es encore plus jolie que dans mes souvenirs. » La chaleur de son sourire atteint ses yeux, qui brillent, luisent, illuminent. « Ça fait plus d’un an et j’ai même pas le droit à un bienvenue ? » Taquine la gamine, qui pourtant atténue ses paroles par un éclat de rire, qui fait trembloter ses épaules, se fermer ses paupières.






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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Lun 24 Oct - 23:06


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Un an de silence qui avait fait écho dans son cœur un peu brisé. Laissée les lèvres encore humides, elle avait caressé les siennes d’un geste futile, éphémère, mais dans l’espoir que ce ne soit pas le dernier baiser volé. Laissée sur une fin un peu brutale malgré elle, la jolie brune avait tenté d’oublier, de se rendre à l’évidence. Elle n’avait pas été en colère, elle ne lui en avait même pas voulu. Boni était partie, comme un oiseau qui s’était envolé pour attraper ses rêves et ses projets. Peut-être qu’au fond, elle aurait aimé qu’elle l’emmène avec elle, qu’elles partent se cacher main dans la main, de ce monde mal peint. Darren aurait surtout aimé qu’elle reste, pas qu’elle revienne. Encore moins après un silence, une absence trop longue résolue à un abandon certain. Une raison faite, un cœur un peu reconstruit, surtout un manque sans fin d’une amie qui avait marqué sa présence pour trop longtemps. Aussi heureuse que médusée, Darren pensait peut-être rêver en entendant sa voix jusque ses tympans. C’était bien elle, juste devant ses yeux. Partagée entre le sentiment de l’étrangler et celui de la serrer fort dans ses bras, elle resta face à Boni, sans bouger. Il lui fallut quelques secondes avant de s’habituer aux battements affolés de son cœur pour reprendre la parole. « Un bienvenue ? Des fleurs et que je te saute dans les bras aussi ? » Stupéfaite, Darren n’arrivait à réfléchir aux mots qu’elle employait; elle n’avait jamais eu l’habitude d’exprimer ce qu’elle ressentait au fond pourtant, elle n’hésitait pas à cracher son venin malgré elle. Sans vouloir la blesser, la maladresse prenait le dessus et boudeuse, elle peignit ses lèvres d’une moue perplexe. « Tu es revenue depuis quand ? Pourquoi tu m’as pas appelée ? »

Pourquoi t’es partie ? Je veux dire, pourquoi comme ça ? Sans un mot, après une promesse muette. Pourquoi tu m’as laissée alors que j’avais enfin trouvé l’espoir de peut-être construire autre chose ? Je te faisais confiance et t’es partie toi aussi. Tu m’as laissée. Je me suis laissée à croire que tu étais comme tous les autres, peut-être même que c’était moi le problème. Pourquoi tu t’es enfuie en me laissant le goût de ton amour ? J’ai eu mal mais, évidemment, Boni, tu t’en rends pas compte. Pour toi, c’est normal.

Elle avait tant de choses à lui dire, Darren, tant de questions à lui poser. Elle aurait tellement voulu lui faire comprendre que son départ lui avait déchiré le cœur. Mais c’était muette qu’elle se retrouvait face à elle, sans voix, comme si les mots étaient coincés dans sa gorge. Elle essayait pourtant, elle se motivait seule dans sa tête mais rien n’y faisait, des attaques sortaient de sa bouche, des questions qui piquaient son doux astre. Elle avait même du mal à la croire, elle ne pensait pas être plus jolie. Par contre, Boni, elle était étincelante, elle brillait tapie dans l’ombre, son regard-étoile caressait son âme pour la panser et Darren n’arrivait même plus à ressentir une once de colère. Elle soupira, se résolvant au fait. « Tu m’as manquée. » qu’elle réussit simplement à dire, doucement et pourtant froide, de marbre. Elle avait besoin que Boni comprenne un peu, qu’elle la voie de ses yeux, juste un instant. A peine quelques secondes, qu’elle se mette à sa place pour voir que son cœur avait été un peu abîmé, déçu à nouveau. Mais Boni lui avait tant manqué, qu’elle n’arrivait à la quitter des yeux, à admirer son sourire-soleil, ses yeux-lumière, elle avait envie de sourire Darren à cette vue si belle mais elle se contenait, juste pour qu’elle comprenne.





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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Dim 6 Nov - 13:01


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Elle est volatile, Boni. Parfois, elle aime bien se dire qu’elle est comme sa mère dans sa jeunesse, légère, libre et surtout, surtout, sans attaches. Des amis, oui, qu’elle peut quitter, laisser, abandonner aux grés de ses envies, de ses désirs. Mais pas des poids qui la retiennent, l’empêchent de s’exprimer, de vivre cette vie qu’elle désire, pour laquelle elle serait prête à mourir. C’est ce qu’elle veut Boni, oui. Ce qu’elle a toujours voulu. Pourtant même si elle a réussi à l’oublier l’espace de ces quelques mois de rêves, elle peut pas nier, Boni, ce vide qu’elle a ressenti, ce trou qui s’est formé dans son cœur, loin de ses proches, ces personnes qu’elle chérit plus que tout. Elle est pas totalement libre, Boni, au fond. Et c’est peut-être pour ça qu’elle a retardé son retour, trouvant des prétextes ici et là, pour se convaincre qu’elle était pas obligée de revenir, qu’elle en ressentait pas le besoin. Mais c’était faux, au fond. Parce qu’il y avait toujours, dans un coin de sa tête, les peintures de ces êtres chers à son cœur. Et parmi tous les autres, entre deux tâches colorées, le visage doux, sérieux, avec ce froncement de sourcils qu’elle aime tant, de la gumiho à qui elle n’a pourtant pas parlé depuis si longtemps.

Et elle sourit, devant les mots acérés, fermes, de celle laissée derrière, celle laissée sans nouvelles. « Pas la peine pour les fleurs, mais tu peux me sauter dans les bras si tu veux. » Et elle rit, légèrement, insouciante, inconsciente. Elle comprend pas, Boni, non. Elle a jamais pu comprendre, Boni. Gamine abandonnée bien trop jeune par des parents en quête d’aventures, elle trouve ça normal, Boni, ne se pose pas de question – ne s’en est jamais posé, à vrai dire. « Je suis rentrée depuis… depuis… deux heures peut-être ? C’est allé si vite, j’ai pas pensé à prévenir. » Et elle penche la tête, sourit, cherche à se faire pardonner, sans trop savoir quoi. J’étais plus là, c’est vrai, mais tu sais Darren, quand j’suis partie, j’ai laissé un petit bout de moi en toi et dans mon cœur, tu m’as suivie, pendant tous mes périples.

Et ses yeux brillent un peu plus, quand elle entend les mots soufflés, lâchés par celle qui a baissé les bras, abandonné l’espoir de garder la tête dressée. Et ses yeux brillent un peu plus, à Boni, parce qu’elle le sait, parce qu’elle comprend ça, Boni. Que c’est pas si facile, pour Darren, en témoigne son attitude si froide. Mais elle le sait aussi, la gamine, qu’au fond de ce cœur de glace se trouve cette petite flamme qu’elle aime tant, qu’elle pourrait admirer pendant des heures. « Si je t’ai tant manquée que ça, alors pourquoi tu viens pas dans mes bras ? » Et elle écarte les mains, invitation spontanée, volonté de faire table-rase, d’oublier, d’enterrer la hache de guerre peut-être. Et puis ce besoin, d’un peu de chaleur, d’un peu de contact, corps contre corps, cœur contre cœur. Alors elle referme les bras sur le corps si frêle de son amie, en une étreinte vigoureuse, alors que ses doigts viennent lentement caresser son dos, se promener sur son corps pour remonter jusqu’à ses cheveux, jouer avec les mèches. Les yeux fermés elle savoure, profite, atteint une certaine quiétude, qui ne s’interrompt pas, alors qu’elle s’éloigne pour fixer ses prunelles dans celles si sombres de la jeune femme. « Alors ma belle, qu’est-ce que tu deviens depuis tout ce temps ? » Et ses yeux dans les siens posent une question muette,
t’as réussi, dis, à apprendre à vivre ?






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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Lun 14 Nov - 1:30


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C’était certain que Boni ne comprenait pas le mal-être, les blessures, la frustration peut-être, la tristesse aussi. Il était évident qu’elle ne pouvait se rendre compte à quel point Darren avait eu et avait mal, encore en cet instant, encore devant elle, surtout après son retour inattendu, même fracassant. Son cœur battait fort au fond de sa poitrine, les larmes voulaient monter jusqu’à ses yeux mais Darren les réprima d’une inspiration profonde mais silencieuse. A aucun moment elle ne voulait montrer à Boni comme ça la touchait, comme elle avait été détruite d’une certaine manière de son départ inopiné.

Parce qu’elle avait si peur de s’attacher puis d’être laissée à nouveau par un être cher. Parce qu’elle avait si peur qu’on l’abandonne à son silence, à sa solitude et son mutisme, ses responsabilités souvent trop lourdes à porter. Au fond, elle se mentait, parce qu’elle en voulait à Boni. Elle voulait lui faire comprendre qu’elle avait souffert mais surtout, que ça ne l’atteignait plus autant désormais, juste que sa fierté prenait le dessus. Pourtant, son cœur la torturait, cette nouvelle sensation la tiraillait. Elle s’était persuadée de ne pas être à la hauteur, parfois elle s’était dit que c’était de sa faute si Boni était partie. Son égo avait pris un coup de massue auquel elle ne pensait pouvoir se relever.

C’était le regard-enfant de Boni qui la guida vers une autre optique pourtant; elle se rendit compte à ses mots qu’elle n’avait rien fait de mal, que l’occidentale avait sûrement ce défaut de pouvoir la laisser à tout moment sans prendre un compte ses états d’âme, et surtout qu’elle n’avait aucunement mérité qu’un seul baiser, début du silence, ne soit son seul au revoir. Elle soutint alors le regard de la belle, le visage dépourvu d’émotions, juste le regard-colère qui ne voulait répondre aux rires qui faisaient écho à ses oreilles. Elle hocha simplement la tête, une moue aux lèvres, comme pour dire « très bien, je vois » juste sans un mot. Elle n’avait pas pensé prévenir, de son retour comme de son départ. C’était Boni, juste Boni, celle qui la rendait aussi forte que faible, aussi en colère qu’heureuse. C’était Boni qui lui donnait ses sourires-orage et ses regards-amour. Elle lui évoquait toutes les émotions qu’elle pouvait ressentir sans jamais lui en vouloir bien longtemps. Parce qu’elle était comme ça Boni, malgré tout, et que Darren aimait (un peu trop) toutes les facettes de la blonde.

Elle résistait un peu la gamine, ne voulant se résoudre à baisser les bras aussi vite, à baisser les bras jusqu’à baisser sa garde, jusqu’à plonger dans les siens comme pour tout effacer, comme pour tout oublier. La franco-coréenne la prit pourtant de court, se retrouvant coincée dans une étreinte qu’elle n’avait pas demandée. Parce que Darren fuyait souvent le contact physique, fuyait les marques d’affection mais ne les repoussait souvent pas, prenant surtout sur elle. Elle aurait pourtant voulu s’enfuir à ce moment précis, mais se résigna à poser ses mains dans le dos de Boni, comme pour lui dire que c’était fini. Mais tout restait à l’intérieur, l’amertume et la peur. Elle soupira juste doucement contre les mèches de cheveux de son amie, respirant discrètement l’odeur marquée, l’odeur manquée pendant tout ce temps.

Leurs corps s’éloignèrent doucement et la voix de Boni vint remplir le silence qui s’était installé. Un soupire, un regard fuyant, Darren vit la porte du couloir s’ouvrir et dans un geste furtif, surtout impulsif, la brune poussa la blonde vers la première porte qu’elle vit, s’enfermant dans le premier placard, là où leurs deux corps manquaient gravement d’espace. Le bruit de la salive glissant dans la gorge de Darren témoigna de sa peur; la peur de se faire prendre. Comme un délit, un crime même, d’être trop proche d’une autre femme, elle avait paniqué et malgré le regard incrédule de son amie face à son agissement soudain, elle en était presque soulagée d’avoir esquivé la dernière question posée. Et Darren posa son index sur les lèvres de son amie « chuuut » qu'elle fit alors, guettant le moindre pas pouvant se faire entendre.





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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Mer 16 Nov - 21:02


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Et elle se sent seule, Boni, seule face à son silence, seule face à son regard. Et pourtant elle l’affronte avec légèrement, Boni, les mots qui s’envolent, viennent charmer les oreilles de la belle indifférente – enfin essayent, tout du moins. Il lui faudra sûrement du temps, Boni, pour se faire pardonner, totalement pardonner. Mais elle sait pas y faire, Boni, elle a jamais su y faire – elle sait juste être elle, elle sait juste être Boni. Et c’est déjà pas si facile que ça, c’est déjà bien trop compliqué, un peu périlleux. C’est fatigant d’être elle parfois, c’est épuisant de toujours avancer à contre-courant, épuisant de toujours défier les flots déchaînés. C’est fatigant d’être elle, oui, mais ça l’est un peu moins quand elle est avec Darren, elle se sent un peu plus libre quand elle est avec Darren.

Et pourtant, libre, elle l’est pas tant que ça, Boni. Surtout pas face au regard-orage. Elle tente, pourtant, d’éloigner les nuages de quelques gestes légers. Elle tente, pourtant, de les effacer de ses éclats de rires, mots papillons, qui voltigent dans les airs, face à l’indifférence de la jeune femme. Indifférence pas totale néanmoins, indifférence qui disparaît quand la porte s’ouvre, quand son cœur bondit, ses gestes aussi. Et elle a à peine le temps de réagir, Boni, à peine le temps de réfléchir, que la voilà enfermée, bloquée avec cet être qui lui semble pourtant si inaccessible. Si lointaine, elle pourtant si proche, leurs deux corps presque entremêlés dans cet endroit beaucoup trop réduit. Et Boni hoche la tête, obéit, son regard fixé dans le sien, occupé à admirer les nuances de ce brun si particulier. Lentement elle fait glisser ses prunelles jusqu’à la main de Darren, observe difficilement ce doigt courageux, un peu téméraire même, doigt qui a osé pénétrer en territoire inconnu, doit maintenant en subir les connaissances. Et ses lèvres se rapprochent, esquissent un sourire, se tendent et se déposent doucement contre ce bout de chair. Baiser dessiner du bout de sa lippe, alors qu’elle lui adresse un clin d’œil, vient ensuit attraper sa main avec la sienne. « J’t’ai tellement manquée que tu veux fêter nos retrouvailles dans un placard ? » Mots murmurés, à peine audibles, destinés uniquement à ses oreilles attentives, loin des indésirables. Elle lève les yeux, les fixe sur la porte, tente d’écouter ce qui se passe de l’autre côté, abandonne, reporte son attention sur ce corps si près, pourtant beaucoup trop loin à son goût – enfant de contacts, enfant de chaleur. « J’pense que sortir ensemble de ce placard sera beaucoup plus suspect que de discuter au milieu du couloir. » Et elle hausse les épaules, ne prend pas la peine de dire le fond de sa pensée, devine déjà que Darren le sait, le comprend. Elle est pas idiote, Darren. Ça fait partie de son charme, à Darren – elle est pas idiote, elle a peur, c’est tout. Mais elle devrait pas avoir peur. Pas avoir peur d’aimer, pas avoir peur de vivre. Elle aimerait bien lui apprendre, Boni, elle sait juste pas comment faire – elle sait juste plus comment faire. Alors elle se contente d’agir à sa guise, de lui montrer le chemin, la voie à suivre. Et elle espère, Boni, au fond, espère la voir la rejoindre bientôt, s’élever à son niveau, se détacher de ces chaînes qui l’entravent depuis bien trop longtemps. Et puis être heureuse enfin. Pleinement heureuse. Totalement heureuse. « T’as peur ? Et elle pose sa question les yeux dans les yeux, attend une réponse sincère, veut entendre ces quelques mots de sa bouche. Pour enfin être sûre. Pour enfin pouvoir l'aider, la guider.

Laisse-moi faire, Darren, laisse-toi faire, tu verras, c'est pas si dur de vivre.






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Re: until our lips turn from red to white to blue ☽ bonniexdarren ☆  Aujourd'hui à 3:07


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