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You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae

Kobayashi Ryuu
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Kobayashi Ryuu
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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Lun 4 Déc - 21:56
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You call, I answer


Juillet 2022


Centre ville de Digital City

Les mâchoires serrées, Ryuu attendait d'en savoir plus sur la soirée que venait de vivre son jeune ami. Il voulait surtout savoir si quelqu'un avait profité du fait que Kikunae n'était pas complètement sobre et que son jugement des situations était altéré. Malheureusement, c'était le cas. Du moment où le jeune japonais affirma que les choix qu'il avait fait ce soir-là n'auraient pas été faits sans alcool, alors oui, son jugement était altéré. Il en voulu immédiatement à l'homme qui avait essayé d'en profiter. Qu'il se soit assuré au fur et à mesure que Kikunae soit en accord avec ce qu'il se passait ou non avait en fait peu d'importance. Du moment où il s'était rendu compte que le japonais avait trop bu, il aurait du s'arrêter, le reste n'était que pour se donner bonne conscience. Il détestait voir que son ami excusait cet inconnu et se sente responsable à cause de son état. Et en même temps, il ne comprenait que trop bien cette sensation de l'avoir cherché en étant la personne ayant trop consommé. Sa main sur celle de Kikunae, il effectua une légère pression. « Du moment qu'il s'est rendu compte que tu avais bu et que tes choix n'étaient peut-être pas complètement lucide, il aurait dû te laisser rentrer. » Son ton était ferme mais pas agressif, il ne voulait pas inquiéter Kikunae plus qu'il ne l'était déjà, un peu comme on le ferait pour un animal effrayé. « Mais tu ne dois pas t'en vouloir. » Car ce n'était pas de sa faute si les gens profitaient de la faiblesse des autres.

Au final, Ryuu constata que si Kikunae s'en voulait, ce n'était pas forcément à cause des événements de la soirée mais plutôt à cause de son idée de « normalité ». Il fût surpris d'entendre son ami révéler cette part de lui et dans un sens cela faisait tellement sens. Il comprenait mieux pourquoi il ne l'avait jamais entendu parler d'une fille à l'université ou d'ailleurs, ni d'aucun homme non plus. Il regrettait aussi de voir que le jeune homme n'avait sans doute pas eu l'occasion d'échanger avec d'autres personnes pour découvrir que la sexualité n'était pas que ce que l'on pouvait voir dans les médias. C'était des sujets qu'il avait déjà abordé avec Aoi. Les conversations avaient été gênantes mais il avait fait ce qu'il pouvait pour que sa fille sache qu'elle avait des options et qu'elle pouvait les explorer. Ce serait hypocrite de sa part alors qu'il avait lui-même fait pas mal d'expérience et qu'il avait mis du temps à découvrir sa propre identité. « Tu sais qu'il y a d'autres sexualités que l'hétérosexualité stricte, l'homosexualité stricte et la bisexualité ? Il y a d'autres ouvertures par rapport aux personnes et à leurs identités mais aussi à sa propre identité. » Ryuu s'humidifia les lèvres, le temps de formuler ce qu'il souhaitait exprimer correctement. « Et le désir et les sentiments ne sont pas toujours que le même pied d'égalité. Tout comme tout le monde n'est pas le même face à l'attirance, au désir et à l'amour. Tu as déjà entendu parler d'asexualité et de demisexualité ? » Il eut un petit rire malgré lui, et secoua légèrement la tête. « C'est une conversation que j'ai eu avec Aoi aussi. J'ai lu plein de choses, tu peux poser les questions que tu veux. » Croyez le ou non, il avait bel et bien lu plein de choses au sujet de la sexualité et de l'identité sexuelle (et de genre) pour pouvoir en parler le plus pertinemment possible avec sa fille.

Il reprit une gorgée de son thé, il avait ôté sa main de celle de Kikunae, lui laissant un peu d'espace pendant cette conversation et le laissant venir à lui s'il cherchait du réconfort ou du contact. Il se disait qu'un aveux pourrait peut-être le mettre plus à l'aise. « De par mon expérience, je sais que je ne suis pas hétérosexuel et aussi que je n'ai pas une sexualité dans ce qu'on pourrait dire la norme. » Il eut un petit rire alors que Kikunae semblait surpris. « Je sais que je suis divorcé et que j'ai longtemps été en couple avec elle mais j'ai eu le temps aussi de vivre certaines choses – pas toujours plaisantes mais c'était pour un autre moment – et de me questionner. » Et de réaliser que certaines choses qu'il avait vécu étaient bien plus sombres que ce qu'elles n'étaient déjà. Il se disait que si quelqu'un s'était posé avec lui comme il le faisait avec Kikunae, il pourrait peut-être éviter une certaine errance au jeune homme.

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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Mer 20 Déc - 17:50
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Juillet 2022


Malgré l’avis exprimé par Ryuu, Nae continue de défendre Renji. Il ne l’a pas forcé à quoi que ce soit, s’il l’avait repoussé, il est convaincu que le jeune homme n’aurait pas insisté. Il n’a pas arrêté de lui demander s’il était à l’aise avec ce qu’il se passait au fur et à mesure que la soirée avançait. Il n’avait pas de mauvaises intentions, par contre, Kikunae a le sentiment d’avoir initié cela pour les mauvaises raisons et de ce fait, il est davantage en tort.

- C’est moi qui ait accepté de le suivre jusqu’à chez lui, il ne m’a pas forcé. Si j’avais voulu rentrer, il m’aurait laissé.

La preuve, quand Nae a finit par revenir à lui et réaliser ce qu’il s’apprêtait à faire, il n’a pas réfléchit longtemps pour s’en aller. Renji ne l’a pas retenu, ni chercher à le suivre. Il n’a peut-être même pas compris ce qu’il se passait sur le moment. Kikunae se sent honteux. S’il croise de nouveau Renji un jour, il n’osera même pas le saluer, c’est une certitude.

Le musicien ne pensait pas avoir cette conversation avec Ryuu un jour… Certes, il préfère aborder un tel sujet avec un ami proche qu’avec n’importe qui d’autre. Quoique, parfois, se confier à un inconnu, quelqu’un que vous n’êtes pas sûr de revoir, peut se révéler plus simple également. Nae se sent honteux, encore une fois. Il y a des moments où il aimerait être comme n’importe quel jeune homme de son âge, au lieu de détester qu’on l’approche trop près, surtout s’il y a une certaine intention derrière, être dégoûté par le simple fait d’embrasser quelqu’un… Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez lui ?

Il le sait oui, il a fait quelques recherches, même si ce sentiment de ne pas être normal a fait qu’il n’a jamais approfondi le sujet. Il acquiesce d’un bref signe de tête.

- Oui, mais je n’ai pas approfondi le sujet.

Kikunae a encore du mal à accepter d’être « différent ». Il s’est toujours senti plus ou moins en marge par rapport aux autres. Plutôt solitaire, pas timide, mais qui préfère être seul que se forcer à entretenir des conversations inintéressantes avec des personnes qui usent toute son énergie. A l’école, il était souvent l’élève au fond de la classe. Celui qui ne se mêle pas toujours aux autres, qui a deux ou trois amis, mais qui lors de la rentrée scolaire, s’il n’est pas dans la même classe que ces derniers, peut se contenter de rester seul, plutôt que de devoir puiser encore de l’énergie pour tisser de nouveaux liens. Nae écoute attentivement les paroles de Ryuu. Comme à son habitude, il se montre rassurant et bienveillant.

- Qu’est-ce que tu es alors ? il demande, sans se préoccuper sur le moment de si Ryuu veut en parler ou non.

Il n’est pas juste curieux, il veut savoir s’il peut s’identifier à la même chose que son aîné. Il peine à mettre des mots sur son propre ressenti, alors peut-être qu’il pourrait l’aider…


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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Mar 2 Jan - 22:42
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Juillet 2022


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Que Kikunae prenne la défense de l'autre homme, Ryuu pouvait le comprendre. L'aîné était peut-être un peu obstiné dans son avis et avait du mal à accepter que le jeune japonais dédouane l'autre homme de ce qu'il venait de vivre. Comprenant qu'insister à ce sujet ne les mènerait nul part, il préféra se concentrer sur le fait de rassurer et de réconforter Kikunae qui semblait encore troublé par ce qu'il venait de vivre et les questions que cela éveillait en lui.

C'était presque troublant à quel point le jeune japonais était plus contrarié par sa réaction et son rapport à son corps et sa sexualité (ou l'absence de cette dernière) que par ce qu'il venait de vivre. Ryuu sentant que son ami avait besoin d'être rassuré sur sa normalité, il abandonna sa colère et se montra présent pour lui. Il l'était pas son écoute mais aussi physiquement, se permettant des gestes qu'il espérait rassurant pour Kikunae. « Pourquoi tu n'as pas approfondi le sujet ? Tu craignais ce que tu pouvais découvrir de toi ? » Il faut dire que Ryuu le comprenait. Il s'était toujours pensé hétérosexuel, alors imaginez son trouble lorsqu'il s'était réveillé aux côtés d'un homme après un concert qu'il avait bien arrosé. Les flashs de cette nuit lui avaient prouvé qu'au-delà d'avoir un désir nuancé pour l'homme, les sensations étaient loin de lui avoir déplu et imaginer son corps contre celui d'un autre homme ne l'avait pas dégoûté comme il l'avait imaginé. Puis d'autres nuits du genre s'étaient reproduites, certaines plus floues que d'autres, certaines complètement perdue dans les méandres de ses blacks-out. Pour autant, il avait accepté qu'être avec des hommes étaient aussi une part de sa sexualité et qu'il aimait partager une intimité avec eux autant qu'avec une femme. Mais il avait mis du temps à accepter ce fait parce qu'il changeait complètement l'idée que Ryuu avec de lui-même, cet homme hétérosexuel, en couple avec une femme depuis l'adolescence et à deux doigts de divorcer. Ce n'était pas de réaliser sa sexualité le plus complexe, c'était de l'accepter.

Pour le rassurer, le tatoueur ne trouva que la comparaison avec sa propre expérience et ces réalisations qu'il avait fait en étant qu'un peu plus âge que Kikunae. « Ce que je suis ? » Avec un sourire qui n'était pas moqueur, il se permit de reprendre les mots de son ami. « Je suis un père, un tatoueur, un musicien, un ancien alcoolique. Je suis plein de choses avant ma sexualité. » Parce que qui on aimait, qui on désirait ne faisait pas une identité entière. « Je suis demisexuel, peut-être demiromantique aussi bien que je pense ressentir plus rapidement des sentiments que du désir. » Si Kikunae avait entendu parler de sa réputation lorsqu'il était dans son groupe, il était en droit de douter de cette affirmation. Et pourtant... La zone grise était bien là où Ryuu avait couché pendant un bon moment. Il reposa la main sur celle du jeune musicien. « Mais je ne suis pas arrivée à cette conclusion rapidement. Surtout parce que j'ai été en couple tôt et longtemps. Ce n'est que plus tard que j'ai pris conscience que je ne fonctionnais pas forcément comme la majorité des gens mais j'ai découvert aussi que je n'étais pas seul. » Ce qui l'avait beaucoup aidé.

Il lâcha momentanément la main de son ami, Ryuu s'autorisa à boire une gorgée de thé, laissant Kikunae digérer ce qu'il venait de lui dire. Il s'autorisa aussi quelques instants pour bien formuler la question qu'il souhaitait lui poser sans avoir l'air de le réprimander. Il reposa sa tasse et se tourna vers le plus jeune, son genou venant se coller au sien, un léger contact qui marquait presque l'intimité que cette conversation révélait sur l'un et l'autre. « Tu as l'air de t'en vouloir beaucoup de ne pas fonctionner comme la majorité des gens. Tu le dis toi-même, tu ne te sens pas normal. » Il marqua une courte pause, juste le temps de bien réorganiser ses pensées. « Ces idées viennent de toi, parce qu'on te les a mis en tête ou quelqu'un t'a fait la remarque ? » Parce qu'il était plus facile de balayer un regard extérieur que quelque chose qui avait été intériorisé, il fallait que Kikunae se sorte ces idées de la tête. Il était tout à fait normal et Ryuu craignait de ne pas avoir les ressources pour le lui montrer.

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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Dim 4 Fév - 10:18
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Juillet 2022


Kikunae a longtemps refoulé toutes ces questions, ne trouvant personne avec qui aborder le sujet. Ses parents ? Certainement pas. Hayden ? Son meilleur ami avait l’air bien trop à l’aise avec cela, contrairement au Japonais. Il sait que l’Américain ne l’aurait pas jugé, mais il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine appréhension. Il a simplement continué de se dire que le problème devait venir de lui. Kikunae a beau essayer de s’émanciper du regard des autres, et d’un point de vue extérieur, il donne cette impression, il reste humain… Ne pas savoir à quoi s’identifier, ne pas constater qu’il y a quelque part, des personnes qui vivent la même chose, c’est effrayant. Alors Nae n’a rien dit. Il a même mis du temps à oser se renseigner sur internet, espérant que les choses changeraient s’il ignorait le problème. Il va de soi que ça n’a pas été le cas. Alors oui, ça le perturbe peut-être plus que de raison, car dans le fond, il n’a jamais eu toutes les réponses qu’il espérait. C’est sans doute ça son problème aussi, il veut trouver une solution qui sera ferme et définitive, mais comme l’a si bien dit Ryuu, on évolue. Des rencontres peuvent nous faire changer… Rien n’est gravé dans le marbre et cette absence de certitude ne plaît pas au musicien. La musique au moins est prévisible… Quand on appui sur la touche « do » d’un piano, on sait qu’elle note va retentir. Il connaître par coeur les notes de son violon également. Les notes sont prévisibles, tout en laissant un champ des possibles infinis, selon comment elles seront combinées et ça, c’est magique, mais c’est un tout autre sujet…

Kikuae hausse les épaules. Ryuu a raison. Il avait peur de ce qu’il pouvait découvrir. Peur d’avoir la confirmation que quelque chose clochait avec lui ? Son absence de réponse prouve qu’il n’est pas encore totalement à l’aise avec le sujet. Si Ryuu le connaît suffisamment, il n’aura aucun mal à le comprendre. D’ailleurs, Nae préfère dévier la conversation vers son ami, cherchant aussi à être rassuré par ce qu’il pourra lui dire. La première réponse de Ryuu lui fait froncer les sourcils, ce n’était pas sous cet angle qu’il avait pensé sa question, puis il comprend où il veut en venir… Kikunae se prend peut-être trop la tête avec ce sujet ? Comme Ryuu, d’autres facettes de sa personnalité le définissent avant sa sexualité. Il aimerait tout de même apprendre à mieux se comprendre et tant qu’à faire, à s’accepter. Le musicien a eu vent des déboires de Ryuu, sans entrer dans les détails. Disons, que lorsqu’il l’a rencontré, il a été curieux. Il avait déjà entendu parler de lui, son groupe était réputé au Japon, mais ce n’était pas le style musical que Nae écoutait le plus. Alors, la curiosité à pris le pas sur le reste… Il a vu des articles, ou plutôt des gros titres, car il n’a jamais été intéressé de les lire. Le point de vue des journalistes et des internautes ne l’intéressaient pas. Ce qu’il voulait c’était écouter ce que Ryuu faisait. Il a surtout regardé et écouté beaucoup de vidéos.

- Et… Ça ne t’as pas fais… Peur ?

Kikunae ne sait pas comment le formuler autrement. Est-ce que c’est effrayant de découvrir que les certitudes que l’on avait n’étaient en fait pas grand-chose ? D’autant plus que l’homosexualité n’est pas encore acceptée par tout le monde au Japon, ni en Corée du sud d’ailleurs et dans bien d’autres pays du monde malheureusement. Si les mentalités tendent à changer chez certaines personnes, les lois discriminantes existent toujours et tout le monde n’est pas encore ouvert d’esprit… Au lieu de juger les autres, certaines feraient mieux de s’occuper de leurs affaires. Nae ne va pas mentir, cela l’effraie aussi, malgré son envie de se moquer éperdument du regard des autres. Il pense aussi à ses parents. Il n’a pas une relation privilégiée avec eux, les décevoir ne lui fait pas peur… Les remarques désobligeantes de sa mère par contre… Il ne sait pas comment son père réagirait. Il a toujours été éloigné, occupé par son travail, détaché… Sa mère par contre ne manquerait pas de lui rappeler à quel point c’est important de fonder une famille, pour l’honneur de la famille et tout ce qui s’en suit… Si certaines mentalités évoluent, sa mère n’est clairement pas concernée.

La main de Ryuu qui tenait la sienne avait quelque chose de réconfortant. Kikunae le réalise quand il finit par la lâcher. Il ne dit rien, mais son regard se baisse vers la main de son ami qui tient désormais sa tasse de thé. Un autre contact établi par Ryuu vient rattrapé cette sensation désagréable. C’est plutôt amusant, car Nae n’est pas tactile. Il aime avoir sa bulle autour de lui et ce n’est pas lui qui fera le premier pas. Il peut même parfois avoir un léger mouvement de recul si on le prend par surprise ou si la personne qui oser s’approcher ne fait pas partie de ses amis proches. Comme Hayden par exemple, qui lui a un passe-droit sur cette règles. C’est une des exception qui la confirme dirons-nous.

Nouveau haussement d’épaules. Kikunae n’est pas expansif, c’est sa réponse favorite quand il veut éviter une conversation. Il pense toutefois, inévitablement, à ses parents, surtout sa mère en réalité.

- On ne m’a jamais fait de remarque, mais j’ai plus souvent eu des amis ou croisé des personnes qui étaient en couple, qui avaient une vie sexuelle normale, enfin… Pas normale, mais… Tu vois ce que je veux dire ? À l’âge où les garçons commencent à s’intéresser aux filles, ou même aux garçons, ou les deux, ça ne m’a jamais intéressé. Je n’avais pas envie d’être en couple et… Ma mère m’a élevé en me répétant qu’un jour je me marierai et que j’aurais des enfants. Le schéma typique de la famille japonaise quoi… Et elle ne se gêne pas pour me le dire encore aujourd’hui. Elle me rappelle mon âge et le fait que je n’ai toujours pas de petite-amie et surtout que je ne lui ai jamais présenté, ni parlé d’une quelconque relation…

Il n’évoque pas son père, car peut-on réellement dire que son père l’a élevé, alors qu’il partait tôt le matin, rentrait tard le soir, était aussi absent les week-end, etc ? Être PDG d’une entreprise aussi importante que Kose au Japon, ce n’est pas rien comme répétait toujours sa mère. Nae n’en a jamais voulu à son père, pour lui c’était la normalité d’avoir un père aussi effacé dans la vie de famille et en réalité… Ce n’est pas si choquant dans les traditions japonaises de la génération de ses parents ou d’avant.


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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Dim 3 Mar - 11:10
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Faire des expériences pour essayer de se comprendre, c'était sans doute un fonctionnement normal. Pour comprendre sa sexualité, à l'âge de Kikunae, Ryuu n'avait pas eu d'expérience à faire. Il était en couple, il était déjà père, il ne se posait pas de question. À l'âge du jeune homme, il était un hétérosexuel rangé. Puis son mariage avait volé en éclat, il avait sombré, il s'était retrouvé dans les draps de plus de personnes qu'il ne pouvait s'en souvenir. À ce moment-là, il n'était même pas assez conscient de ce qu'il faisait pour en tirer des conclusions sur lui-même. Ce n'était que des années plus tard, sobre et s'autorisant enfin à penser à lui qu'il avait réalisé ces choses à son sujet. Avec sérieux, il réfléchit à la question de Kikunae, avait-il eu peur ? Il prit une gorgée de thé, se laissant le temps de formuler sa réponse dans sa tête. « Non je ne crois pas que j'ai eu peur. » Il marqua une légère pause. « Enfin, je n'ai pas eu peur de ça. J'avais d'autres choses qui me terrifiaient, comme rester en dehors des problèmes, m'occuper d'une jeune adolescente à temps plein. » Il sourit d'un air complice à Kikunae car celui-ci avait eu le droit à des récits plutôt cocasses sur les premières années où Ryuu avait reprit en main son rôle de père. « Je me suis dit que c'était juste moi et que c'était comme ça. Et puis, je n'étais pas dans l'optique de nouvelles relations sentimentales ou physiques, c'était plus simple pour moi de prendre de la distance avec tout ça. » Et encore aujourd'hui la question d'être en couple ou dans une quelconque relation avec quelqu'un ne se posait pas vraiment dans sa vie. Pour le moment du moins. « Tu as peur de ce que tu pourrais découvrir de toi ? Tu crains que ça ne change complètement ce que tu penses de toi-même ? Ou c'est le regard des autres ? » Il était vrai que pour Ryuu, sa réputation était déjà déplorable avant de découvrir sa propre identité sexuelle alors il n'avait pas grand chose à perdre mais Kikunae n'avait pas ce type de bagage. Son image était irréprochable et c'était particulièrement important dans des pays comme leur pays d'origine ou celui où ils avaient choisi de vivre.

Son ton était posé mais face à la détresse de son jeune ami, Ryuu estimait que ce n'était pas suffisant. Il s'autorisait donc des gestes mesurés mais réconfortants comme une main sur la sienne, une légère pression sur le bras, le tout en faisant attention de ne pas déclencher une réaction négative chez le jeune japonais qui venait de vivre quelque chose de particulièrement marquant. Ryuu lui laissait toute la latitude nécessaire pour se rapprocher ou se reculer selon ce dont il avait besoin. « C'est difficile de faire accepter à nos parents que nous sommes nos propres personnes et que nous choisirons notre propre parcours. » Il eut un sourire contrit. « Je plaide coupable, Aoi n'était pas encore née que je projetais plein d'espoirs pour elle. Qu'elle aime la musique, qu'on puisse l'emmener en tournée et qu'elle puisse être sur scène avec nous. Inconsciemment c'était déjà lui imposer des choses qu'elle n'aurait peut-être pas choisi et la preuve en est, elle n'a pas tant envie que ça de faire de la place à la musique dans sa vie. » Il faut dire que la musique avait privé l'adolescente de tellement de choses importantes, ses propres parents pour commencer. « Le problème c'est de leur faire accepter que ces fantasmes, comme une petite-amie, un couple, des enfants, ce n'est pas ce que l'on désire vraiment... » Il grimaça. « S'affranchir de leur projection c'est devenir pleinement adulte à nos propres yeux et aux leurs, ce n'est pas toujours quelque chose de facile. Mais ce qui le sera encore moins, c'est de faire tes choix en fonction des aspirations des autres pour toi et non de ce que tu veux toi vraiment. » Comme Kikunae avait enlevé sa main de dessous la sienne, Ryuu n'osa pas la reposer dessus mais il se pencha légèrement vers lui. « Et je suis pas le meilleur des exemples mais être marié et avoir des enfants à ton âge ne garantis pas d'être encore en couple à mon âge. Ce que je vais dire n'est pas très sympa, surtout que je suis vieux moi aussi – il fît un clin d’œil au jeune homme pour indiquer qu'il plaisantait – mais cette image du couple, du mariage puis des enfants avec la maison et le chien... Ce n'est plus très actuel, c'est une idée un peu arriérée. » Il grimaça. « Ne répète pas à ta mère que j'ai dit qu'elle était vieille. » Parce qu'au fond c'était bien là le problème, c'était des idées qui, en 2022, n'avaient plus vraiment lieu d'être, il y avait tant de schémas de vie. Évidemment, venant d'un milieu artistique, c'était plus simple pour Ryuu d'avoir cette ouverture d'esprit mais pour la majorité des personnes dans un pays comme la Japon ou même la Corée du Sud, c'était encore très compliqué. Ryuu poussa un léger soupir et se resservit du thé, il avait beaucoup parlé. Il inclina légèrement la théière vers Kikunae. « Tu préfères peut-être une boisson plus fraîche ? C'est vrai qu'il fait chaud. » L'air de la petite véranda était moite et chaud, comme le reste de la ville en ce mois de juillet.

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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Lun 15 Avr - 11:46
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Juillet 2022


Au départ, Kikunae ne se posait pas de question. Il vivait simplement sa vie, sans se rendre compte de ce manque d’intérêt pour le sexe opposé, ou pour le même sexe que lui. Il ne ressentait pas cette attirance et c’était sa normalité. Le questionnement est venu plus tard, lorsqu’il a été confronté à la société, à ses camarades qui avait un comportement différent du sien, qui parlaient de filles ou de garçons qui leur plaisaient. Kikunae a déjà trouvé un homme ou femme agréable à regarder, il ne dira pas le contraire, mais il n’y a jamais eu de sentiments plus profonds et encore moins d’attirance physique. Une simple appréciation platonique de la beauté d’une tierce personne. Alors, il a beau avoir vingt-deux ans, presque vingt-trois, il n’a aucune expérience. Il n’a jamais essayé quoi que ce soit. Il ne sait pas ce qui lui a pris ce soir. L’alcool n’est pas innocente dans cette histoire. Kikunae n’avait pas bu au point de perdre le contrôle de ses actes, mais suffisamment pour inhiber son bon sens. Se jeter dans les bras d’un inconnu dans l’espoir de ressentir quelque chose, d’espérer se rallier à la majorité, ce n’était pas une bonne idée. Il regrette maintenant. Il a honte. Ce n’était même pas agréable… Il a détesté la façon dont Renji l’a embrassé, avec la langue. Il préfère ne pas imaginer comment il se serait senti s’ils avaient été plus loin.

Il est vrai que Ryuu avait d’autres préoccupations que le regard des autres. Il lui a souvent parlé de son rôle de père et surtout des premières années. Kikunae l’admire pour cela. Il n’est pas sûr d’être capable de veiller sur un autre être humain un jour, encore moins s’il dépend totalement de lui, comme un enfant en bas âge. C’est peut-être parce qu’il est encore trop jeune ou parce qu’il ne s’est jamais vu en tant que père, un mélange des deux ? Ce qui ne plaît pas à sa mère non plus. Pour elle, Nae devrait déjà avoir une relation sérieuse, penser aux mariages et à fonder une famille dans les prochaines années. Autant dire que ce n’est pas du tout dans ses projets. Le Japonais hausse les épaules à la question de son ami.

- Un peu des deux ?

Il a peur de ce qu’il pourrait découvrir le concernant et qui pourrait amener le regard des autres à changer. Nae ne donne pas l’impression de s’en soucier et la plupart du temps c’est le cas. Il se moque qu’on souligne sa personnalité solitaire, qu’on le regarde parfois de travers, parce qu’il est souvent seul au fond de la classe. Ce n’est pas un sujet qui le soucie, il vit bien la solitude. D’autant plus qu’il a des amis, moins nombreux, mais auxquelles il tient. Il préfère que ce soit ainsi. Il n’est pas assez sociable pour avoir des dizaines et des dizaines de connaissances, avec lesquelles il ne prendrais même pas la peine de tisser un vrai lien. Par contre, sa nonchalance est tout de même sensible à certains sujets… Des sujets qui le questionnent, avec lesquels il n’est pas encore en total accord.

Kikunae n’est pas tactile. Ce n’est pas son genre d’initier les contacts physiques, ni d’enlacer ses amis. Néanmoins, il apprécie les gestes réconfortants de Ryuu. Petit à petit, le musicien est devenu une des exceptions. Ces personnes que Nae accepte dans son périmètre proche, sans ressentir de malaise, sans essayer de s’éloigner.

- Je crois que je préférerais encore qu’elle soit comme mon père, qui ne s’en préoccupe même pas.

Si son père est déçu ou dérangé par les choix de son fils, il ne l’a jamais exprimé, comme la plupart de ses émotions en réalité… Souvent en déplacement pour le travail, dans le pays ou dans le monde, cette figure paternelle a souvent été absente de la vie de Kikunae. Pendant un temps, il l’accompagnait avec sa mère de temps en temps. Puis leur relation s’est dégradée et ces voyages se sont espacés, puis arrêtés. Quand il était plus jeune, Nae ne comprenait pas trop. Avec du recul, il soupçonne son père d’avoir été infidèle, peut-être plusieurs fois, qui sait… Ils auraient pu divorcer, mais il faut sauver les apparences, encore et toujours. La société japonaise est faite ainsi.

- Mais tu l’as laissée faire ses propres choix, il répond avec un sourire, comme pour apaiser son ami.

Contrairement à sa propre mère qui a tenté d’imposer sa passion pour le piano et la danse classique à son fils. Elle-même ancienne danseuse blessée, elle lui répétait sans cesse qu’elle aimerait qu’il devienne danseur étoile, qu’il intègre une troupe renommée… Heureusement, Nae n’a jamais été du genre à vouloir faire plaisir à tout prix à ses parents. Il a rapidement fait ses propres choix. En réalité, le violon a été sa porte de sortie. Le fait qu’il aime moins le piano et qu’il demande à arrêter les cours de ballet, tout est mieux passé parce qu’il prenait une voie musicale malgré tout avec le violon. C’est au moins grâce à sa mère qu’il a mis autant d’effort pour maîtriser cet instrument à un jeune âge. Pour éviter qu’on lui impose autre chose. Et il a eu la chance de tomber amoureux de cette musique plutôt que d’en être dégoûté. Ce qui n’a pas été le cas avec le piano, instrument qu’il a laissé de côté pendant plusieurs années.

- Je pense que ma mère ne veut pas comprendre. Je suis son fils unique. Ça fait longtemps que j’ai arrêté de baser mes choix sur ce qu’elle attendait de moi…

Si ça peut rassurer Ryuu, Nae ne s’enfermera pas dans le désir de quelqu’un d’autre, même s’il s’agit de sa mère. C’est triste à dire, mais ils n’ont jamais eu une relation fusionnelle. La faute à cette dernière qui a voulu projeter ses rêves brisés sur son fils unique, qui n’a jamais voulu suivre la voie qu’elle traçait pour lui. Kikunae rit aux paroles de Ryuu.

- Promis, je ne lui dirais rien. Honnêtement, si mes parents étaient moins attachés aux apparences et à ces idées d’un autre temps, je ne pense pas qu’ils seraient encore ensemble à l’heure actuelle.

Il n’est pas idiot et a suffisamment de maturité pour le remarquer. Sa mère a finit par en vouloir à son père d’être autant absent et évidemment, les infidélités que Nae soupçonne n’ont pas dû aider. Ce ne sont pas ses affaires, mais il trouve tout de même dommage qu’ils s’enferment tous les deux dans ce couple qui ne fonctionne plus. Il a surtout de la peine pour sa mère en réalité… Son père est souvent occupé ailleurs…

- Non, du thé c’est très bien. C’est réconfortant.

Encore plus en présence de son ami, mais Nae n’est pas expansif sur ce qu’il ressent, alors il ne dit rien.

- Je suis désolé de t’avoir réveillé en pleine nuit, juste pour ça… Mais je suis reconnaissant que tu sois là.

Il pouvait au moins le remercier de lui avoir ouvert sa porte. Ryuu lui a prouvé encore une fois qu’il était là pour lui et ça lui fait chaud au coeur.


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同じ空の下
“同じ空の下で 君を想う, 何度も 何度も, あの日の君と出会う. Under the same sky. All night, under the same sky.”
Kobayashi Ryuu
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Re: You call, I answer ft. Kagiyama Kikunae | Lun 10 Juin - 18:27
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You call, I answer


Juillet 2022


Centre ville de Digital City


Découvrir qui l'on était, c'était quelque chose d'exaltant et de fascinant. C'était vertigineux aussi. Et puis, si on venait à se rendre compte que l'on n'était pas dans certaines normes de la société, que ce qu'on était vraiment n'était pas ce qui était attendu, c'était terrifiant aussi. Au final, lorsque Ryuu s'était vraiment découvert, en étant lucide, il était accompagné, par la thérapie, par ses lectures, par son ouverture sur sa spiritualité. Pour ceux qui étaient seuls, ce devait être si compliqué. Il était plein de compassion face à Kikunae qui semblait être dans ce cas. Et au-delà de sa propre perception qui semblait lui compliquer les choses (si les attentes des autres pouvaient être pesantes, les attentes que l'on avait pour nous-mêmes pouvaient être pires), il y avait aussi les parents du jeune musicien qui poussaient derrière lui avec des attentes purement « sociales ».

Ryuu comprenait la mère de Kikunae, dans une certaine mesure. En devenant père, il avait eu plein d'espoirs au sujet de sa propre fille. Il avait espéré et rêvé une vie pour elle, ce devait être quelque chose que chaque parent faisait. Quand Aoi s'était détachée de ses espérances, qu'elle n'avait pas forcément pris les chemins qu'il aurait voulu, il n'avait rien forcé. Aoi était une personne à part entière, pas la projection des espérances d'un père qui rêvait une vie. De toute façon, la vie qu'ils avaient tous les deux à ce jour était loin d'être celle qu'il imaginait quand sa fille était née. Et c'était bien là qu'il se différenciait de la mère de son ami, elle ne semblait pas réaliser que le jeune japonais était maître de ses choix, maître de qui il était vraiment. « Oui je laisse Aoi faire ses choix mais c'est un travail que j'ai fait sur moi. Le fait qu'aux yeux de la société je ne sois pas ce que l'on attend d'un père de famille aide à ne pas avoir d'attentes normées par rapport à elle. » Ce n'était sans doute pas un travail qu'avait fait la mère de Kikunae, elle semblait très traditionnelle dans ce qu'elle était et dans ses idées, difficile pour Kikunae de se sentir un tant soit peu différent. « Je comprends que tu sois son fils unique mais elle oublie qu'avant d'être son fils, tu es une personne à part entière. Et tu es qui tu es. Tu découvres encore ton identité mais la plier et la modifier pour plaire à ta mère ne pourra te faire que du mal. » Heureusement pour Ryuu, si ses parents avaient eu des doutes et des réticences au début, ils avaient fini par le laisser vivre ce qu'il voulait et être qui il était. « Ce qui est important, c'est que tu saches que tu as le droit d'être qui tu es, de te découvrir encore aussi s'il le faut. Et elle, tu n'y peux rien si elle reste coincée dans ses idées... Au final, c'est elle qui sera la plus malheureuse. » Et le plus dur pour Kikunae sera peut-être de ne pas se sentir responsable de ce malheur, ce sera elle-même qui en sera la responsable.

Il reversa du thé à son ami puisque cette boisson lui allait et il reposa la théière presque vide. Il plaça ensuite sa main sur celle de Kikunae en souriant. Il effectua une petite pression avant de retirer sa main, toujours dans l'idée de lui laisser de l'espace. « Je suis content que tu m'ais appelé et d'avoir pu t'aider un peu. » Ryuu fît une petite grimace. « Il est vrai que je vais sans doute être crevé demain mais je ne regrette pas et ne t'en veux pas. » Il se leva et ouvrit la porte de la véranda, les chats vinrent les rejoindre, tournant autour de Kikunae pour voir s'il n'était pas en train de manger. « Je te laisse en bonne compagnie le temps de déplier le canapé pour toi. Tu dors ici et ce n'est pas négociable. » Il ne le laisserait pas partir alors qu'il avait bu et qu'il avait eu cette crise d'angoisse. Ryuu enverrait un message à Aoi pour la prévenir de la présence de son ancien professeur de musique dans le salon. Elle consultait son téléphone presque aussitôt réveillée, comme toute ado qui se respecte, elle le verrait donc avant d'entrer dans le salon et d'avoir une frayeur en voyant quelqu'un dormir dans leur canapé. En attendant, il déplia le sofa et sortit du coffre en dessous : oreillers, draps et couvertures, qu'il installa au mieux pour que Kikunae puisse dormir confortablement. Une fois fait, il retourna auprès du jeune japonais. Il resta dans l'embrasure de porte de la véranda. « Comment tu te sens maintenant ? »

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